Dix‑sept ans après Shrek Forever After, DreamWorks a officiellement relancé la machine avec la mise en ligne en 2026 d’un premier teaser de Shrek 5, confirmant une sortie en salles désormais calée au 30 juin 2027. Le film est toujours en production, mais le message est clair : l’ogre le plus grincheux du cinéma d’animation est bel et bien de retour.
Pour celles et ceux qui ont grandi avec les VHS vert fluo et les blagues méta avant que ce soit une stratégie marketing, ce comeback n’a rien d’anodin. Shrek, c’était l’antidote à Disney, une claque irrévérencieuse à un genre trop lisse. Ce nouveau trailer nous dit beaucoup sur la direction prise par la franchise. Et il suggère aussi une chose : ce retour ne devrait pas se limiter au grand écran.
Un retour aux sources assumé…
Le teaser de Shrek 5 montre Shrek, Fiona, leurs enfants et l’inévitable Donkey en route vers un nouveau royaume baptisé Further, Further Away. Peu de détails ont filtré sur l’intrigue, mais l’image est forte : on quitte le confort du royaume connu pour explorer un territoire présenté comme plus trouble, plus imprévisible.
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Côté casting, DreamWorks joue la carte de la sécurité et de la continuité. Mike Myers, Cameron Diaz et Eddie Murphy reprennent leurs rôles respectifs. À leurs côtés, la nouvelle génération prend forme avec Zendaya dans le rôle de Felicia, et Marcello Hernández et Skyler Gisondo pour Fergus et Farkle. L’annonce officielle de ces nouveaux acteurs date du 27 novembre 2025. Tout indique une volonté claire : préserver l’ADN original tout en ouvrant la porte à un public plus jeune.
Il circule des spéculations sur un possible conflit intergénérationnel, mais à ce stade, rien d’officiel. Ce flou scénaristique est presque stratégique. DreamWorks ne vend pas encore une histoire, mais un symbole : le retour d’une icône culturelle.
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Une relance pensée sur le long terme, au-delà d’un simple film
Il ne faut pas oublier que Shrek 5 a connu une gestation mouvementée. Évoqué dès 2007 pour une sortie potentielle autour de 2013, le projet a traversé reports et réorganisations avant d’être officiellement confirmé en avril 2023 par Chris Meledandri, dans un rôle de supervision créative chez DreamWorks. Depuis, le calendrier a bougé plusieurs fois, jusqu’à la date actuelle de 2027.
Cette insistance dit quelque chose. Nous ne sommes pas face à un simple coup nostalgique. Entre Puss in Boots: The Last Wish en 2022 et ce nouvel opus, l’univers Shrek est présenté comme un ensemble cohérent, capable d’évoluer. D’ailleurs, Eddie Murphy a évoqué un projet de spin‑off centré sur Donkey, déjà validé et censé entrer en production après Shrek 5, sans date précisée.
L’ambition semble donc plus large qu’une suite isolée :
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- relancer la saga principale avec un film événement ;
- capitaliser sur les personnages secondaires forts ;
- inscrire l’univers dans une stratégie transversale à long terme.
Si l’on lit entre les lignes, Shrek redevient une marque stratégique. Et c’est précisément là qu’un autre comeback devient évident.
Le grand oublié : le Shrek vidéoludique des années 2000
On l’a parfois oublié, mais au début des années 2000, Shrek était omniprésent dans le jeu vidéo. Plates‑formes, jeux de course, party games, adaptations directes des films : entre 2001 et 2010, la licence a multiplié les titres. Puis la cadence s’est ralentie. Certes, des jeux existent encore, comme Shrek Sugar Fever en 2017 ou Shrek Swamp Tycoon en 2024, mais aucun projet console ou PC d’envergure récente n’a accompagné la franchise.
Le cas le plus intéressant reste Shrek SuperSlam, sorti en 2005 entre Shrek 2 et Shrek the Third. Ce jeu de combat façon brawler, inspiré par l’esprit de Super Smash Bros., proposait des arènes destructibles et un système d’attaques spéciales baptisées SuperSlam. Les scores étaient corrects sans être flamboyants : 71 sur Xbox, 70 sur GameCube, 69 sur PC, 67 sur PlayStation 2.
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Le concept fonctionnait : chaos cartoonesque, affrontements rapides, personnages emblématiques comme Shrek, Donkey ou Puss in Boots. Mais le jeu était jugé parfois trop court ou répétitif. Il y avait une bonne idée, mais pas encore l’ambition technique qui l’aurait transformée en référence.
Pourquoi Shrek mérite aussi un retour ambitieux dans le jeu vidéo ?
Le contexte industriel a changé. Les jeux sous licence ne sont plus systématiquement des produits dérivés opportunistes. Les exemples récents comme Marvel’s Spider‑Man, Marvel’s Wolverine, Indiana Jones and the Great Circle ou encore le RPG open‑world du Seigneur des Anneaux développé par Warhorse Studios montrent qu’une franchise forte peut devenir la base d’un projet premium.
Face à cela, Shrek 5 ne devrait pas être un événement isolé. L’univers regorge de possibilités : coopératif d’aventure dans un royaume détournant les contes, party game modernisé, ou même un nouveau brawler héritier spirituel de Shrek SuperSlam. Rien n’a été annoncé officiellement. Mais le simple retour du film remet la licence au centre de la conversation.
Shrek n’est pas qu’un ogre râleur. C’est une satire des codes du conte, un univers méta, un terrain de jeu naturellement interactif. Si DreamWorks et Universal misent sur un relancement durable, le jeu vidéo apparaît comme un prolongement logique, surtout à une époque où les adaptations ambitieuses redéfinissent la perception des licences.
Le teaser de 2026 officialise le comeback cinématographique. Il rassure les fans historiques avec le casting original, tout en intégrant une nouvelle génération de personnages. Mais si la stratégie vise réellement à réinscrire Shrek dans la culture pop pour les quinze prochaines années, l’écran de cinéma ne suffira sans doute pas. L’ogre est de retour. Reste à savoir jusqu’où l’industrie osera le laisser rugir.