Le 18 février 2026, Coutures sort en salles en France avec une promesse rare: un drame parisien au cœur de la Fashion Week, porté par Angelina Jolie et mis en scène par Alice Winocour. Le film a déjà circulé en festivals en 2025, notamment à Toronto et à Saint-Sébastien, avant une avant-première à Paris où l’actrice était présente.
Dans Coutures, Jolie incarne Maxine Walker, une réalisatrice américaine. Autour d’elle gravitent Anyier Anei, mannequin sud-soudanaise exilée, et Ella Rumpf, maquilleuse française qui aspire à autre chose. Le récit se déploie dans une dynamique de solidarité féminine, avec des thèmes de résilience et de révolte silencieuse qui collent à la peau du film, comme un fil qu’on tire sans jamais rompre.
Le projet s’inscrit aussi dans une période très lisible de la trajectoire de Jolie: un an après Maria de Pablo Larrain, tourné en partie en France, elle revient au premier plan dans une œuvre franco-anglaise, portée par un cadre parisien et une équipe d’autrice qui aime les récits à hauteur de femme. Ce n’est pas un retour spectaculaire façon tapis rouge permanent, plutôt un retour par le jeu et par la nuance.
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Une Fashion Week de cinéma
Le film se déroule à Paris pendant la Fashion Week, mais l’idée n’est pas de filmer des silhouettes comme on scrolle un feed. La ville devient un territoire de travail, de contraintes, de couloirs, d’horaires, de pression. Le synopsis annonce une nouvelle bouleversante qui frappe Maxine, et tout le décor se met alors à fonctionner comme un amplificateur: l’urgence d’un défilé, les regards, les attentes, l’impression que chaque seconde est monétisée.
La présence de Maxine dans ce monde n’est pas neutre: elle vient avec une commande de court-métrage de défilé, inspiré de légendes vampiriques, dans un univers rappelant Chanel. On tient là un détail délicieux pour un regard geek: le film glisse un petit moteur de cinéma de genre dans un drame réaliste, comme si l’horreur indépendante servait de langage secret pour dire ce qu’on n’ose pas formuler à voix haute. Un fantôme dans la machine, en quelque sorte.
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Angelina Jolie, un rôle qui résonne sans forcer
Angelina Jolie joue une réalisatrice américaine de cinéma de genre et ce rôle fait écho à une dimension personnelle: il est fait mention d’un lien avec son histoire de cancer du sein. Le film n’a pas besoin de souligner ce parallèle au marqueur fluo. Il suffit que le personnage apprenne une nouvelle qui renverse l’axe de sa journée, et qu’on comprenne que le corps, soudain, redevient un sujet central.
Les premiers retours critiques côté festivals ont insisté sur la performance de Jolie, décrite comme émouvante, parfois drôle, et sur une construction en mosaïque qui laisse respirer les scènes. On parle d’un film subtil sur les pressions de la mode et le patriarcat, avec une scène finale jugée spectaculaire. Ce mélange d’intime et de mise en scène correspond assez bien à l’ADN du cinéma de Winocour.
Trois trajectoires et une solidarité qui se construit
Le synopsis repose sur une rencontre et un croisement: Maxine, Ada et Angèle. Ada est une mannequin sud-soudanaise exilée, Angèle une maquilleuse française qui vise un autre horizon, et Maxine arrive avec son statut, son équipe, sa commande. Rien n’indique un schéma de sauvetage facile. Au contraire, l’idée vendue est celle d’une solidarité qui se fabrique sur place, dans une ville et une industrie qui ne la provoquent pas naturellement.
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Ce qui intrigue, c’est la manière dont ces parcours peuvent s’entendre sans se ressembler. La mode impose un tempo, la création impose une image, les corps deviennent des supports, et pourtant chacune cherche à reprendre la main. Pour clarifier ce que le film met en avant, on peut retenir trois lignes de force, très utiles pour entrer dans l’histoire sans la réduire:
- Résilience: tenir debout malgré les secousses, sans héroïsme obligatoire.
- Révolte silencieuse: ne pas crier, mais déplacer une frontière, même minuscule.
- Solidarité féminine: s’épauler sans se confondre, et sans effacer les différences.
Le savoir-faire d’Alice Winocour
Alice Winocour retrouve ici un terrain qu’elle sait travailler: les traumatismes, les lignes de fracture, les personnages féminins pris dans des environnements conçus par et pour d’autres. Sa filmographie évoquée autour de Proxima (bilingue, avec Eva Green) et Revoir Paris donne une indication de ton, sans qu’on ait besoin d’y plaquer une recette. Elle co-signe le scénario avec Jean-Stéphane Bron, et la production est portée par Charles Gillibert via CG Cinéma, avec Pathé Films à la distribution.
Côté fabrication, le film affiche une identité artistique solide: musique de Filip Leyman et Anna von Hausswolff, photographie d’André Chemetoff, montage de Julien Lacheray et Lilian Corbeille, décors de Florian Sanson. Des postes qui comptent sur un drame de 1h43 selon certains listings, 106 minutes ailleurs, ou 1h47 selon d’autres: la durée varie selon les références, mais l’ordre de grandeur reste celui d’un film resserré, pensé pour garder la tension.
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Un casting français autour d’un duo franco-anglais
Au-delà du trio central, Louis Garrel, Garance Marillier, Aurore Clément, Vincent Lindon et Finnegan Oldfield complètent le casting annoncé. Le film joue sur des langues originales françaises et anglaises, et sur une production mentionnée tantôt française, tantôt américaine selon les fiches. Dans les faits, l’objet paraît hybride, comme beaucoup de projets contemporains: un pied dans Paris, un pied dans l’industrie qui l’observe.
Le tournage a démarré fin novembre 2024 à Paris, et l’anecdote de la prétendue privatisation d’un magasin Darty par Jolie a été présentée comme une rumeur infondée, en réalité liée au tournage. C’est un détail presque comique, mais révélateur: dès qu’une star traverse la ville, la légende urbaine se met à compiler des quêtes secondaires. Paris adore transformer un plan de travail en récit parallèle.
Reste l’atterrissage en salles: Coutures arrive le 18 février 2026, avec des séances prévues dans différents cinémas Pathé. En amont, les signaux publics sont déjà contrastés, avec des avis utilisateurs de pré-sortie répartis entre déçus, aimés et adorés sur plusieurs milliers de notes. Ce type de thermomètre ne dit pas tout, mais il confirme une chose: le film ne vise pas l’unanimité, il vise une émotion précise, et il compte sur la mise en scène pour l’imposer sans bruit.