Time to Hunt (aussi connu en France sous le nom La Traque) est un film coréen réalisé et scénarisé par Yoon Sung-hyun, disponible en streaming sur Netflix depuis le 24 avril 2020. En 2h14, il mélange crime, drame et une touche sci-fi dans un polar dystopique où une bande de jeunes tente un braquage pour quitter un monde à bout de souffle.
Le point de départ est simple et efficace: un plan, une échappée possible, puis un grain de sable gigantesque. Le film ne cherche pas à surprendre par un twist permanent, mais à installer une mécanique de traque qui se resserre, avec un adversaire présenté comme impitoyable. Et c’est précisément là que l’expérience se joue: on accroche à cette montée de tension, ou on finit par regarder sa montre.
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Pour situer le thermomètre sans en faire une religion, l’accueil agrégé reste plutôt mitigé mais correct: 69% côté critiques pros (16 avis) et 63% côté public (50+ notes). Autrement dit, un film qui divise sans se faire démonter, et qui peut très bien tomber dans la catégorie des bonnes soirées… ou des longs soirs, selon votre tolérance à la répétition.
Une dystopie en toile de fond
Le film se déroule dans une Séoul futuriste marquée par la misère économique et une forme de chaos latent. L’idée de départ fonctionne: on comprend vite que l’argent n’est pas seulement un objectif criminel, c’est un billet de sortie, presque une question de survie. Il y a aussi des critiques sociales sous-jacentes, perceptibles dans l’atmosphère et la fatigue générale du monde montré.
En revanche, il faut accepter que cette dystopie reste souvent un décor plus qu’un sujet. Plusieurs retours pointent une dystopie pas approfondie, et c’est difficile à contredire: le film privilégie l’urgence de l’action à la construction d’un univers très expliqué. Si vous aimez les futurs proches détaillés façon manuel de lore, vous risquez de rester sur votre faim. Si vous cherchez une ambiance, des rues qui suintent la crise et un sentiment de fin de partie, ça fait le travail.
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Une réalisation tendue
L’un des atouts les plus souvent cités, c’est la mise en scène. Le film aligne des séquences d’action décrites comme rapides et bien rythmées, avec une tension pensée comme un fil tendu. Certains avis parlent même d’un exercice de tension non-stop, et on comprend pourquoi: dès que la chasse est lancée, le film cherche à maintenir une pression constante.
Visuellement, Time to Hunt soigne son esthétique: jeux d’ombres et de lumières, ambiance stressante, et une chromatique marquante avec des teintes rouge-orangé d’un côté, bleues de l’autre. Par moments, le film flirte avec des passages plus oniriques, comme si la réalité se gorgeait d’une angoisse poisseuse. C’est souvent très réussi, et ça donne au long-métrage une personnalité qui dépasse le simple thriller fonctionnel.
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Un quatuor central porté par l’amitié
Le récit suit Jun-Seok (incarné par Lee Je Hoon), présenté comme le leader du braquage, accompagné de deux amis. Le film insiste sur la relation d’amitié entre les protagonistes, et c’est un vrai moteur émotionnel: on n’est pas seulement sur un plan criminel, mais sur un groupe qui tente de rester soudé quand tout se délite.
Et puis il y a Han, le tueur, joué par Park Hae Soo, souvent décrit comme charismatique et même comme un top villain. Sans spoiler, disons que sa présence restructure le film: on sent que la traque devient disproportionnée, presque obsessionnelle. C’est le genre d’antagoniste qui peut faire basculer une histoire classique dans quelque chose de plus hypnotique, parce qu’il installe une menace qui ne se négocie pas.
Les bons points du film… et les moins bons
Côté réussites, Time to Hunt coche plusieurs cases pour les amateurs de thrillers coréens: des scènes fortes, une tension solide, une réalisation que beaucoup jugent maîtrisée, et des moments d’action qui misent davantage sur la nervosité que sur la surenchère. Des spectateurs évoquent aussi une atmosphère sombre, émotionnelle et stylée, et même une attention à des détails comme des tirs jugés réalistes.
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Côté limites, il faut parler de la durée: 2h14, c’est un vrai engagement, et les critiques négatives reviennent sur une sensation de film trop étiré, parfois répétitif et monotone. Plusieurs avis résument bien le problème: une première partie efficace, puis des longueurs dans la traque, avec une impression que le récit tourne autour de son concept. Le scénario est aussi qualifié de classique, avec des clichés et des personnages parfois écrits de manière simple. Si vous attendez une intrigue qui se réinvente sans cesse, vous pourriez trouver l’ensemble un peu grinçant.
Pourquoi regarder Time to Hunt sur Netflix ?
Ce film a une cible assez claire: celles et ceux qui aiment les polars coréens tendus, la sensation de piège qui se referme et les récits où la fuite devient une discipline. Si vous venez pour une ambiance lourde, un rythme souvent accrocheur et un antagoniste marquant, Time to Hunt peut être un très bon choix, avec un vrai soin visuel en prime.
À l’inverse, si vous êtes allergique aux récits de traque qui insistent, qui répètent certains motifs et qui prennent leur temps pour faire monter la pression, la durée risque de peser. On peut apprécier la forme et rester à distance du fond, surtout si l’on espérait une dystopie plus développée.
- À voir si vous cherchez un thriller stylé, tendu, avec un vilain qui imprime et une ambiance de crise permanente.
- À éviter si vous voulez une dystopie très expliquée, un scénario vraiment imprévisible, ou un film qui ne s’étire jamais.
- À choisir un soir où vous avez du temps: l’immersion fonctionne mieux quand on accepte son tempo.
Sans être un chef-d’œuvre unanimement célébré, Time to Hunt reste une proposition solide dans le registre du thriller dystopique: une esthétique travaillée, une tension tenace et un adversaire mémorable, contrebalancés par une histoire parfois trop linéaire et une traque qui peut s’user à force de durer. Dans la bonne humeur geek, disons qu’on n’est pas sur un speedrun: plutôt une run longue, avec de très beaux passages… et quelques couloirs un peu étirés.