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Adieu Teams et Zoom : l’État impose un logiciel 100% français

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Adieu Teams et Zoom : l'État impose Visio 100% française

Le 26 janvier 2026, le gouvernement français a annoncé la généralisation de Visio, une plateforme de visioconférence destinée aux ministères et services de l’État, avec un objectif clair : un déploiement dans l’ensemble de l’administration d’ici 2027.

À la manœuvre, David Amiel, ministre de la Fonction publique et de la réforme de l’État, assume une ligne politique qui ne fait pas dans la demi-mesure : réduire, puis mettre fin, à l’usage de solutions extra-européennes pour les échanges professionnels. Derrière la formule, un triptyque revient : sécurité, confidentialité et maîtrise des communications électroniques publiques.

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Le projet n’arrive pas de nulle part. Visio est développé par la DINUM et s’inscrit dans la Suite Numérique, un ensemble d’outils dits souverains pensés pour les agents publics. Une trajectoire très “infrastructure” sur le papier, mais qui se joue, en pratique, sur un terrain bien connu : celui des réunions qui s’enchaînent et des liens de visio qui finissent toujours par se perdre au mauvais moment, avec un soupçon de fatigue numérique en prime.

Une bascule annoncée, avec un calendrier déjà serré

Le gouvernement parle d’une généralisation dans tous les ministères et services de l’État d’ici 2027. Mais la mécanique est lancée plus tôt : la plateforme a déjà été testée depuis un an et compte environ 40 000 utilisateurs réguliers dans l’administration.

Le déploiement prévu pour le premier trimestre 2026 marque un changement d’échelle, avec une extension annoncée à 200 000 agents. Parmi les entités citées figurent le CNRS, l’Assurance Maladie, la DGFiP et le ministère des Armées. Pour le CNRS, le jalon est détaillé : 34 000 agents et 120 000 chercheurs associés doivent être couverts d’ici fin mars. Un rythme qui laisse peu de place à l’improvisation, même si l’administration a une longue expérience du déploiement à grande échelle dès lors que le cap est fixé.

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La FIN annoncée de Teams, Zoom et consorts sur le réseau de l’État

La décision ne se limite pas à “proposer une alternative”. Selon une déclaration publique de Guillaume Rozier, conseiller en stratégie numérique publique à la présidence de la République, un blocage des flux réseau des principales plateformes concurrentes est visé : Teams, Zoom, Google Meet et Webex.

Le point technique devient très politique : ce blocage est annoncé sur le Réseau Interministériel de l’État (RIE) d’ici la fin de l’année 2026. La mesure s’appliquerait aux activités professionnelles des agents publics sur ce réseau, géré par la DINUM. Dit autrement, ce n’est pas une simple recommandation ou une préférence d’achat : on se dirige vers un environnement où, sur le réseau de travail, la visioconférence “officielle” ne sera plus un choix mais une règle. Une approche qui a le mérite d’éviter le patchwork, même si elle promet, à court terme, quelques épisodes sportifs de transition.

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Visio, un outil souverain dans une Suite Numérique pensée pour l’administration

Visio n’est pas présenté comme une application isolée, mais comme un composant de la Suite Numérique, un écosystème d’outils souverains pour les agents publics. Le signal est clair : l’État veut un socle commun, durable, cohérent, qui ne dépende pas d’arbitrages externes.

Côté usage, un détail compte : la plateforme permet aussi des réunions avec des externes via des liens adéquats. C’est l’un des points qui conditionnent l’adoption réelle, car l’administration ne vit pas en vase clos. Entre partenaires, chercheurs associés, prestataires, collectivités, et réunions interministérielles élargies, la visio “entre soi” ne couvre qu’une partie de la réalité. La promesse, ici, est de rester praticable sans perdre l’exigence de contrôle, une nuance qui peut faire la différence entre un outil toléré et un outil réellement adopté.

  • Déploiement annoncé dans tous les services de l’État d’ici 2027
  • Montée en charge à 200 000 agents au T1 2026, avec un jalon CNRS fixé à fin mars
  • Blocage réseau des solutions concurrentes sur le RIE visé d’ici fin 2026
  • Cap mis sur sécurité et confidentialité des échanges professionnels

Hébergement et IA : la souveraineté passe par l’infrastructure et les briques logicielles

Pour l’hébergement, Visio s’appuie sur Outscale, une infrastructure cloud dite souveraine, filiale de Dassault Systèmes. Ce choix ancre le projet dans une logique de contrôle de bout en bout, où la question n’est pas seulement l’application visible à l’écran, mais aussi l’endroit où transitent et résident les données.

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Sur les fonctions avancées, l’État met en avant des briques d’IA issues de l’écosystème français. La transcription des réunions et l’identification des intervenants reposent sur la start-up Pyannote. Et une autre fonctionnalité est déjà calée sur un horizon précis : le sous-titrage en temps réel est annoncé d’ici l’été 2026, via des technologies du laboratoire Kyutai. Sur le papier, cela répond à des usages très concrets : comptes rendus plus rapides, meilleure traçabilité, accessibilité renforcée. Dans la vraie vie, tout se jouera sur la fiabilité, car une transcription approximative peut vite devenir un générateur de malentendus, et personne n’a envie de revivre ce genre de scène avec un ton trop sérieux au milieu d’une réunion sensible.

Un argument budgétaire assumé, au-delà de la géopolitique

La souveraineté numérique a ses grands mots, mais le gouvernement avance aussi un chiffre très terre à terre : la réduction des coûts de licences. L’économie mise en avant atteint jusqu’à 1 million d’euros par an pour 100 000 utilisateurs. Dans une administration qui compte en volumes, l’ordre de grandeur parle immédiatement, surtout quand la visioconférence est devenue un outil quotidien et non plus un “bonus”.

Ce choix s’inscrit aussi dans un contexte stratégique plus large : la volonté de réduire la dépendance aux infrastructures américaines, après des pannes de services cloud en 2025 et sur fond de tensions géopolitiques. L’idée n’est pas de rejouer une bataille de logos, mais de reprendre la main sur des outils devenus critiques. En clair, quand la visioconférence porte des arbitrages, des données sensibles ou des échanges entre administrations, la tolérance à l’incertitude technique et juridique se réduit mécaniquement.

À ce stade, le message envoyé par l’État est double : accélérer l’usage d’une solution interne déjà éprouvée par des dizaines de milliers d’utilisateurs, et préparer un environnement où les alternatives grand public ne passeront plus par le réseau de travail. La réussite de Visio se jouera dans l’exécution, la montée en charge et l’expérience au quotidien, là où la souveraineté n’est plus un slogan mais une suite de détails qui doivent fonctionner, réunion après réunion.

📝 En résumé

Le gouvernement français accélère la transition vers Visio, sa plateforme de visioconférence souveraine, pour équiper tous les services publics d'ici 2027 et rompre avec les outils étrangers comme Teams ou Zoom.

  • Expérimentée avec succès auprès de 40 000 utilisateurs, elle déploie dès le premier trimestre 2026 pour 200 000 agents, dont ceux du CNRS, de l'Assurance Maladie, de la DGFiP et du ministère des Armées.
  • Hébergée sur Outscale et intégrée à la Suite Numérique, elle autorise les réunions avec des externes via liens sécurisés, avec IA françaises pour transcription et identification des intervenants.
  • Ce choix renforce la souveraineté numérique, protège les données sensibles et génère des économies estimées à 1 million d'euros par an pour 100 000 utilisateurs.
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Paul Ansay

Rédacteur / Tech Guru
Paul est développeur web et passionné de culture geek. Il assure la maintenance et le développement de WorldOfGeek.fr, tout en rédigeant des articles sur les jeux vidéo, la tech et la pop culture pour apporter sa touche personnelle au média.
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