Fin 2025, le prix de la RAM a cessé d’être ce petit poste de dépense qu’on oublie au moment de valider son panier. Sur certains segments, la hausse est déjà spectaculaire, avec une DDR5 qui a vu ses tarifs s’envoler en quelques trimestres, et des écarts très visibles d’un revendeur à l’autre en France.
Les repères disponibles donnent une idée nette de l’ampleur du mouvement. Une barrette DDR5 32 Go observée autour de 90 euros à la mi-2025 se retrouve plutôt entre 180 et 300 euros en fin d’année. Dans le même temps, des kits qui visent l’extrême, comme la DDR5 128 Go, peuvent dépasser 1 800 euros. Le ressenti côté grand public n’est donc pas une impression vague de “tout augmente”, mais une bascule concrète sur un composant central.
Cette tension ne se limite pas aux pièces détachées. Des fabricants ont déjà annoncé des ajustements de prix sur leurs machines, en reliant explicitement ces hausses au coût des composants mémoire. Et à court terme, les projections évoquent une poursuite de la hausse au début 2026, avant un possible point culminant au milieu de l’année.
Une hausse déjà installée sur la DDR5 grand public
Les chiffres de fin 2025 décrivent une hausse rapide sur la mémoire DDR5. Entre mi-2025 et fin 2025, le prix d’une barrette 32 Go est passé d’environ 90 euros à une fourchette allant de 180 à 300 euros, soit un doublement, voire davantage. Dit autrement, le ticket d’entrée pour une configuration “confort” a changé d’échelle, et pas à la marge.
Dans le détail, la variation entre revendeurs ressort nettement. Un exemple observé en France sur une référence de type CORSAIR VENGEANCE DDR5 s’affiche à 167,90 euros chez un acteur, quand une autre référence de marque distributeur peut apparaître à 214,99 euros, et que d’autres vendeurs dépassent les 240 euros. Pour le même besoin (augmenter sa RAM), l’addition n’est donc plus “standardisée”, ce qui rend les achats plus nerveux et plus difficiles à planifier sereinement.
Le moteur principal: la demande IA qui aspire la DRAM
Le contexte avancé pour expliquer la hausse est celui d’une pénurie de DRAM alimentée par la demande en serveurs d’IA. L’idée n’est pas seulement une hausse de popularité: on parle d’un effet d’aspiration des stocks mondiaux, avec un impact en chaîne sur les prix. Le calendrier fourni situe le début de l’augmentation à l’été 2025, puis une intensification en décembre 2025.
Ce point est crucial pour comprendre la suite. Quand la pression vient d’un usage “infrastructure” (serveurs), l’effet sur le grand public est souvent indirect, parfois un peu décalé, mais rarement léger. Et comme la RAM est un composant transversal, la tension ne s’arrête pas à la tour du joueur PC: elle remonte aussi dans les portables, certains appareils mobiles et d’autres catégories de matériel.
Les premiers effets visibles sur les constructeurs de PC
Les annonces de fin 2025 marquent un passage du bruit de fond à la décision commerciale. Dell a annoncé une augmentation de 15 à 20% avec une entrée en vigueur à la mi-décembre 2025, en l’attribuant à la hausse des coûts des composants mémoire. Lenovo prévoit également une hausse, avec une date charnière au 1er janvier 2026, en indiquant que les devis actuels expirent à cette échéance et en incitant à commander avant.
Un autre repère aide à mesurer pourquoi ces ajustements peuvent être rapides: la mémoire représente 15 à 18% du coût total d’un PC. Ce n’est pas un détail. Quand ce poste se met à grimper, l’arbitrage se fait vite entre rogner une marge, revoir une configuration, ou augmenter le prix final.
Début 2026: une flambée attendue, avec des scénarios très élevés
Pour T1 2026, la trajectoire décrite est celle d’une nouvelle flambée des prix, avec un impact direct sur les coûts de fabrication des produits finis. Certains scénarios mentionnent des hausses potentielles de 30 à 50% par trimestre sur la DDR5, ce qui, si cela se matérialise, transformerait la RAM en variable de stress permanente pour les fabricants comme pour les acheteurs.
Le vocabulaire qui revient est celui de la volatilité et de la tension persistante. On n’est pas sur une simple vague promotionnelle inversée, mais sur un marché où le prix peut bouger vite, y compris selon la disponibilité et l’arbitrage entre différents débouchés. Pour les achats planifiés (stations de travail, parcs de portables, upgrades), cela impose une lecture plus rapide des prix du moment, presque au jour le jour, ce qui n’a rien de confortable.
Un pic évoqué vers le milieu de 2026, et une pénurie qui pourrait durer
Le point culminant des prix est évoqué autour de la mi-année 2026, avec un repère de Q2 2026 cité comme période de pic et de tension maximale. À cette échéance, l’instabilité pourrait être la plus visible sur les produits sensibles au coût mémoire, notamment ceux qui intègrent des choix difficiles à modifier en cours de route.
Sur la durée, les estimations disponibles vont d’une pénurie qui pourrait se relâcher vers la mi-2026 à une situation qui s’étirerait jusqu’à Q4 2027. Cette amplitude dit une chose simple: plusieurs mois restent, au minimum, dans une zone où les prix ont davantage de raisons de monter que de redescendre nettement. Et HP évoque déjà des difficultés possibles en seconde moitié 2026, signe que le sujet est suivi comme un risque industriel, pas comme une anecdote de marché.
Les effets collatéraux: smartphones, ultrafins, consoles et autres matériels
Lorsque la DRAM se tend, les fabricants cherchent des marges de manœuvre. Sur les smartphones, il est indiqué qu’un retour à 4 Go de RAM est envisagé pour l’entrée de gamme en 2026, et que le milieu de gamme pourrait glisser de 6-12 Go vers 6-8 Go. Sur le haut de gamme, l’idée d’une réduction des modèles 16 Go est également évoquée. L’effet, là encore, n’est pas seulement tarifaire: il peut toucher les fiches techniques, parfois de façon discrète.
Sur les PC portables, l’impact peut être plus marqué sur les ultrafins haut de gamme lorsque la DRAM est soudée à la carte mère, car la flexibilité de configuration est moindre. À l’échelle du marché, une révision des perspectives est mentionnée: les expéditions 2026 pourraient reculer de 2,4%, alors qu’une croissance de 1,7% était envisagée initialement. Enfin, d’autres catégories sont citées comme affectées par la tension, dont les cartes graphiques, les consoles de jeu, les mini PC, et même les SSD via une inflation similaire sur la mémoire Flash.
- À court terme, la hausse est déjà visible sur la DDR5 grand public, avec de fortes différences entre vendeurs.
- Début 2026, le scénario dominant reste celui d’une poursuite de la hausse, avec des mouvements trimestriels potentiellement marqués.
- Mi-2026 est évoqué comme une zone de pic, tandis que la normalisation pourrait prendre bien plus de temps selon les cas.
- Les produits finis peuvent réagir par des hausses de prix, mais aussi par des compromis sur les configurations (surtout sur mobile).
Dans les prochains mois, la RAM risque donc de rester ce composant qui fait grimacer au moment du devis, et pas uniquement pour les passionnés qui montent leur PC pièce par pièce. Entre annonces d’augmentations chez certains constructeurs, projections de flambée au premier trimestre 2026 et pic possible à mi-année, la période s’annonce tendue, avec une vraie conséquence sur les configurations proposées et sur le tempo des achats.
Si la comparaison avec la pénurie de semi-conducteurs de 2020-2023 revient dans le paysage, c’est surtout pour rappeler une chose: quand la chaîne est sous pression, la sortie est rarement instantanée. Pour l’instant, les données disponibles pointent vers un début 2026 agité, et une stabilisation qui dépendra moins des envies du grand public que de l’équilibre mondial entre serveurs, industries et appareils du quotidien.