Forgotten est un thriller sud-coréen réalisé et scénarisé par Jang Hang-jun, sorti en novembre 2017 en Corée du Sud, puis le 21 février 2018 en France. D’une durée de 109 minutes, le film s’est taillé une place solide dans le paysage du suspense moderne, avec un parfum de policier et une tension psychologique qui s’installe sans prévenir.
Sur Netflix, où il est disponible mondialement depuis 2017 ou 2018 selon les territoires, Forgotten se regarde idéalement en VOST. L’expérience est compacte, presque resserrée comme un jeu en mode speedrun, mais avec assez de détails pour qu’on ait envie de revenir sur certaines scènes après coup, histoire de vérifier qu’on n’a rien raté. C’est le genre de film qui donne l’impression que le décor écoute.
Un jour avec mon père : l’ombre glaçante de la dictature à Lagos
Le point de départ est simple et immédiatement accrocheur : Jin-seok, le frère cadet, cherche à comprendre l’enlèvement de son frère aîné Yoo-seok. Quand ce dernier revient après 19 jours, il n’a aucun souvenir de ce qui s’est passé, et surtout, il n’est plus tout à fait le même.
Une intrigue familiale qui bascule dans le trouble
Dans Forgotten, l’enquête n’est pas menée par un détective blasé en imper, mais par un jeune homme qui observe, doute et recoupe ce qu’il peut. Jin-seok n’a que 21 ans, il est étudiant, et sa perception du réel est fragilisée par une paranoïa qui devient un moteur narratif. Cette approche maintient une proximité constante avec ses inquiétudes, et le film joue avec la sensation d’être enfermé dans la même pièce que lui.
Le récit s’articule autour d’éléments clés qui font monter la pression par couches successives : une amnésie inexpliquée, une possible séquestration, et des indices qui semblent tantôt évidents, tantôt impossibles à relier. On avance avec prudence, comme si chaque certitude pouvait se retourner, et c’est précisément là que le film trouve sa nervosité.
Rooster Saison 2 : Steve Carell crée le nouveau banger HBO ?
La maison, la pièce interdite et les bruits de la nuit
Une partie du malaise de Forgotten vient de son décor domestique, qui se transforme en terrain miné. La présence d’une pièce interdite et de bruits suspects nocturnes installe un climat où l’intime devient menaçant. Rien n’est surligné, et cette retenue renforce la tension : le film préfère les signaux faibles, ceux qui obsèdent ensuite.
Cette mécanique est redoutable sur mobile, dans des sessions de visionnage fragmentées, parce que chaque scène semble laisser traîner un détail. Ce n’est pas un film qui a besoin d’artifices pour appuyer son atmosphère. Le suspense tient dans l’ordinaire qui déraille, dans la sensation que la maison elle-même refuse de raconter ce qu’elle sait.
Aegon’s Conquest : une annonce d’un prequel de Game of Thrones au Cinéma ?!
Un casting centré sur deux frères
Le duo principal repose sur Kang Ha-neul dans le rôle de Jin-seok, décrit comme un étudiant de 21 ans à la psychologie instable, et Kim Mu-yeol (également crédité Kim Moo-yeol) dans celui de Yoo-seok, le frère revenu changé. Le film met en avant leur dynamique, avec cette distance nouvelle qui s’installe après les 19 jours d’absence et le trou noir qui les sépare.
Autour d’eux, on retrouve notamment Moon Sung-keun (le père), Nam Myeong-ryeol (Professeur Choi), Lee Sung-wook (l’inspecteur) et Choi Go (Choi Seung-uk). Sans noyer l’écran sous une foule de personnages, le film garde assez de présences secondaires pour densifier l’histoire et alimenter l’incertitude.
Un thriller coréen à l’ADN hitchcockien
Forgotten est régulièrement rapproché d’un thriller hitchcockien et d’influences De Palma, une manière de situer son goût pour les faux-semblants et l’art de déplacer le regard du spectateur. Rien n’oblige à connaître ces références pour apprécier le film, mais elles donnent une indication sur l’intention : construire un suspense qui tient autant à la mise en scène qu’aux révélations.
Game of Thrones : Dragonfire, le nouveau jeu mobile annoncé par HBO
Le réalisateur, Jang Hang-jun, est aussi mentionné pour son environnement créatif, notamment son lien avec la scénariste Kim Eun-hee connue pour Signal et Kingdom. Côté thèmes, le film navigue entre enlèvement, amnésie et hypnose, avec une dimension psychologique qui rend les explications potentiellement glissantes. Et c’est cette instabilité qui captive.
Fiche technique : un film construit au cordeau
Sur le plan de la fabrication, Forgotten coche les cases d’un film de genre soigné : musique signée Kim Tae-hun, photographie de Kim Il-yeon, montage assuré par Heo Sun-mi et Jo Han-ul. La production est portée par B.A. Entertainment, avec une distribution en Corée du Sud par M-Line Distribution. Le film est en couleur, en langue coréenne.
Pour ceux qui aiment les repères rapides avant de lancer la lecture, voici l’essentiel à avoir en tête :
- Titre original : 기억의 밤 (Gieokeui bam, litt. « Nuit à retenir »)
- Genre : thriller, suspense, policier
- Durée : 109 minutes
- Pays : Corée du Sud
- Disponibilité : Netflix, de préférence en VOST
Pourquoi il a pris du temps pour trouver son public ?
Le film a continué de circuler dans les discussions et les classements, notamment via des positions notées sur SensCritique : 78e des meilleurs films coréens et 87e des meilleurs films sur l’amnésie, avec des ajouts en top personnel. Des critiques s’échelonnent dans le temps, entre février 2018 et mars 2021, et une appréciation plus récente datée du 11 mai 2025 souligne un scénario jugé efficace et une dimension jugée addictive.
Ce qui ressort, sans avoir besoin de survendre, c’est que Forgotten s’est construit une réputation de film à rebondissements, typiquement le genre de titre qu’on lance pour une soirée tranquille et qui finit par monopoliser l’attention. Il y a une efficacité presque mathématique dans la façon dont le film sème l’inconfort, puis resserre son étau.
Forgotten n’a pas besoin d’être long pour marquer : en 1h48, il installe un mystère familial, une inquiétude nocturne et une mécanique de suspense suffisamment tendue pour qu’on comprenne pourquoi il reste dans les radars. Sur Netflix, c’est le candidat parfait pour celles et ceux qui aiment les thrillers coréens qui avancent vite, mais laissent une trace, comme une lumière restée allumée dans le couloir après le générique.