La nuit dernière, les Game Awards 2025 ont couronné Clair Obscur: Expedition 33 comme grand vainqueur, au terme d’une cérémonie où les indés, les suites très attendues et même le futur GTA VI ont occupé le devant de la scène. Le RPG français de Sandfall Interactive réalise un quasi-hold-up historique : Game of the Year, meilleur RPG, meilleure direction, meilleur récit, meilleur jeu indépendant, meilleur premier jeu, meilleure direction artistique et même meilleur performance pour son actrice principale. Un score qui dépasse les records établis jusque-là par des mastodontes comme The Last of Us Part II.
Derrière ce raz-de-marée, la soirée a aussi mis en lumière Hades 2, Hollow Knight: Silksong, Death Stranding 2: On the Beach, mais aussi des titres comme Doom: The Dark Ages, Fatal Fury: City of the Wolves, Umamusume: Pretty Derby ou encore No Man’s Sky, toujours présent dans la catégorie “jeu en continu”. Retour sur tous les prix majeurs et ce qu’ils disent du paysage du jeu vidéo à l’aube de 2026.
Clair Obscur: Expedition 33, le balayage historique
Véritable star de la soirée, Clair Obscur: Expedition 33 repart avec le prix ultime de Jeu de l’année (Game of the Year), devant des concurrents aussi lourds que Death Stranding 2: On the Beach, Hades 2, Hollow Knight: Silksong, Donkey Kong Bananza ou Kingdom Come: Deliverance II. Le titre signe la première victoire GOTY d’un jeu français aux Game Awards, et surtout un nombre de statuettes rarement vu.
Le RPG de Sandfall s’empare aussi de la Meilleure direction de jeu, du Meilleur récit, de la Meilleure direction artistique, du Meilleur jeu de rôle, du Meilleur jeu indépendant, du Meilleur premier jeu (debut indie) et du prix de la Meilleure performance pour Jennifer English, qui incarne Maëlle.
En une nuit, le jeu passe du statut de “coup de cœur critique” à celui de phénomène majeur, au point de devenir la nouvelle référence des RPG narratifs ambitieux.
Hades 2, Hollow Knight: Silksong et Death Stranding 2 brillent dans leurs catégories
Si Clair Obscur a raflé la plupart des prix transverses, les autres favoris de la soirée n’ont pas été oubliés. Hades 2 décroche le prix du Meilleur jeu d’action, confirmant que Supergiant Games maîtrise toujours l’art du roguelite nerveux, lisible et ultra maîtrisé, face à des concurrents comme Doom: The Dark Ages, Battlefield 6 ou Ninja Gaiden 4. Le jeu s’impose comme l’un des titres les plus populaires de l’année, même sans repartir avec le GOTY.
Hollow Knight: Silksong, de son côté, remporte le prix du Meilleur jeu d’action/aventure, catégorie très disputée où figuraient notamment Death Stranding 2, Ghost of Yōtei, Indiana Jones and the Great Circle ou Split Fiction.
Pour Team Cherry, c’est la reconnaissance d’un projet longtemps attendu, qui réussit à transformer la hype en récompense concrète. Death Stranding 2 reste très présent dans les nominations, mais repart avec moins de trophées que ses fans pouvaient l’espérer, malgré un accueil critique très fort.
Fatal Fury, Doom et Umamusume : des gagnants plus surprenants
En dehors des “gros” noms, plusieurs catégories ont réservé des résultats intéressants. En baston, Fatal Fury: City of the Wolves décroche le prix du Meilleur jeu de combat, devant 2XKO de Riot, Capcom Fighting Collection 2, Mortal Kombat: Legacy Kollection et Virtua Fighter 5 REVO. Un signal fort pour SNK, qui réussit à imposer son retour face à une concurrence très installée.
Le prix de l’Innovation en matière d’accessibilité revient à Doom: The Dark Ages, qui devance Assassin’s Creed Shadows, Atomfall, EA Sports FC 26 et South of Midnight.
Id Software prouve qu’on peut proposer un FPS ultra brutal tout en intégrant des options avancées pour un maximum de profils de joueurs. Côté mobile, c’est Umamusume: Pretty Derby qui remporte le prix du Meilleur jeu mobile, devant des poids lourds comme Wuthering Waves, Persona 5: The Phantom X, Destiny: Rising ou Sonic Rumble. Preuve que le mobile reste un terrain de jeu très disputé, loin des clichés de “petit” marché.
Jeu indépendant, début indie : le doublé historique de Clair Obscur
La catégorie Meilleur jeu indépendant et celle de Meilleur premier jeu indépendant auraient pu consacrer deux titres différents. Elles ont finalement renforcé l’aura de Clair Obscur: Expedition 33, qui rafle les deux.
Face à d’autres indés salués comme Blue Prince, Despelote, Dispatch, Absolum ou Ball X Pit, le RPG français réussit un doublé rarement vu, confirmant qu’il n’est pas qu’un “indé au-dessus du lot”, mais bien un mastodonte de l’année tous genres confondus.
Pour la scène indépendante, le message est fort : il est possible de rivaliser avec les AAA en termes de narration, de direction artistique et de reconnaissance internationale, à condition d’oser des univers forts et une vision très marquée. Hades 2 et Hollow Knight: Silksong, bien que candidats dans certaines catégories “indé”, sont de leur côté traités presque comme des semi-AAA, tant leur aura dépasse le cadre habituel des productions à petit budget.
Jeu en continu, mobile, VR : No Man’s Sky et The Midnight Walk récompensés
Dans la catégorie Meilleur jeu en continu (Best Ongoing Game), c’est No Man’s Sky qui remporte la mise, devant Final Fantasy XIV: Dawntrail, Fortnite, Helldivers 2 et Marvel Rivals. Un symbole fort : le titre de Hello Games, autrefois cité en exemple de lancement raté, est désormais reconnu pour sa capacité à se métamorphoser sur la durée, grâce à des mises à jour régulières et gratuites qui ont redonné confiance à sa communauté.
Le prix du Meilleur jeu VR/AR revient à The Midnight Walk, qui devance Alien: Rogue Incursion, Arken Age, Ghost Town et Marvel’s Deadpool VR. Là encore, la catégorie montre une diversité étonnante, entre expériences narratives, horreur et action super-héroïque. The Midnight Walk s’impose pour son approche plus contemplative et sensorielle, preuve que la VR ne se résume pas à du shooter spectaculaire.
Esport, créateur de contenu et jeux pour l’impact
Côté esport, le prix du Meilleur jeu esport est attribué à Counter-Strike 2, qui prend le relais de CS:GO et devance DOTA 2, League of Legends, Valorant et Mobile Legends: Bang Bang. Une consécration attendue, tant le nouveau moteur et l’évolution du meta ont relancé la dynamique de la licence de Valve sur la scène compétitive mondiale.
Et cocorico, c’est notre team Vitality de CS2 avec ses 8 trophées dans l’année, qui remporte le prix de l’équipe esport de l’année, et quelle année !
Le prix du Créateur de contenu de l’année revient à MoistCr1tikal, figure majeure du streaming anglophone, devant Caedrel, Kai Cenat, Sakura Miko et The Burnt Peanut. Dans la catégorie Games for Impact, destinée aux jeux à message social fort, c’est South of Midnight qui s’impose, devançant des titres comme Con Me, Despelote, Lost Bloom Rage ou Wander. Une preuve supplémentaire que les Game Awards restent attentifs aux projets qui sortent du cadre pur divertissement.
Le futur déjà en ligne de mire : GTA VI sacré jeu le plus attendu
Comme chaque année, la cérémonie se projette aussi vers l’avenir avec la catégorie du jeu le plus attendu (Most Anticipated Game). Sans surprise, c’est Grand Theft Auto VI qui s’impose, devant 007: First Light, Marvel’s Wolverine, Resident Evil Requiem et The Witcher 4. Avec une sortie fixée au 26 mai 2026, le prochain Rockstar domine déjà les discussions et s’impose comme l’événement vidéoludique à venir.
Ce choix confirme le décalage parfois amusant entre un palmarès 2025 dominé par des œuvres très “auteurisées” comme Clair Obscur, et un horizon 2026 trusté par des licences ultra mainstream qui concentrent des budgets colossaux. Le message implicite : le jeu vidéo peut, la même nuit, célébrer un RPG français très singulier et plébisciter un futur blockbuster open world comme projet le plus attendu de la planète.
Une édition 2025 placée sous le signe de la prise de risque
En sortant des sentiers battus pour son Game of the Year, cette édition 2025 des Game Awards envoie un signal clair : le paysage ne se résume plus à une opposition frontale entre AAA occidentaux et blockbusters japonais. Un studio français indépendant peut désormais décrocher la timbale face à des géants installés, pour peu qu’il propose une direction artistique marquante, une écriture solide et un gameplay suffisamment abouti pour séduire critique et public.
Pour les éditeurs comme pour les joueurs, le message est double. D’un côté, les gros noms comme Hades 2, Silksong ou Death Stranding 2 restent des valeurs sûres, capables de briller dans leurs catégories et de fédérer des communautés immenses. De l’autre, la porte est plus ouverte que jamais aux projets qui osent sortir des codes habituels. Si 2025 est l’année de Clair Obscur, 2026 pourrait bien être celle où ces lignes de force se confirment avec, en toile de fond, l’ombre immense de GTA VI qui plane déjà sur le calendrier.
