Aux États-Unis, les ventes de PS5 ont connu un regain en avril 2026, dans un contexte pourtant défavorable à première vue. Sony venait d’officialiser une augmentation de prix sur l’ensemble de sa gamme, applicable à partir du 2 avril 2026, et l’industrie traversait en parallèle une tension bien réelle sur les composants, notamment la DRAM.
Le mouvement s’inscrit dans une séquence plus large où la console se vend toujours fortement malgré une conjoncture qui pousse, partout, les tarifs vers le haut. Fin décembre 2025, la PS5 totalisait 92,2 millions d’unités cumulées, et Sony annonçait déjà 14,4 millions de consoles distribuées depuis le début de son année fiscale 2026, avec un objectif annuel fixé à 15 millions.
Ce qui surprend le plus, c’est le mélange de facteurs: hausse des prix, concurrence renforcée et coûts des composants. Et pourtant, sur le terrain, on observe un réflexe très humain de dernier achat avant bascule, comme si le marché fonctionnait par vagues, déclenchées non par une nouveauté, mais par la peur de payer plus cher demain.
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Les ventes de la PS5 en avril 2026
Le fait central, c’est cette hausse des achats dans la foulée d’une annonce pourtant impopulaire. Sony a communiqué une hausse de 100 euros sur toutes les consoles PS5, incluant les modèles Standard, Slim, Pro et Portal, avec une application à partir du 2 avril 2026. Dans le même temps, il est aussi question d’une augmentation pouvant aller jusqu’à 200 euros selon les modèles et marchés indiqués dans certaines analyses, ce qui nourrit mécaniquement une ruée vers les stocks aux anciens tarifs.
Ce regain de demande arrive alors que la PS5 reste sur une dynamique lourde: 92,2 millions de ventes cumulées au 31 décembre 2025, un niveau qui lui permet de dépasser la PS3 et de se rapprocher symboliquement de la barre des 100 millions. Dans ce contexte, même une hausse de prix ne casse pas forcément l’élan, surtout quand l’écosystème est déjà massif et que les joueurs ont le sentiment que la machine est devenue le standard de fait.
Quelques chiffres récents replacent cette séquence dans la continuité plutôt que dans l’accident:
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- 3,9 millions de PS5 vendues sur juillet-septembre 2025, en légère hausse sur un an malgré une précédente hausse tarifaire.
- 8 millions de PS5 sur octobre-décembre 2025, en baisse par rapport à 2024 mais restant un volume très élevé.
- 132 millions d’utilisateurs mensuels actifs sur PlayStation Network fin T3 2025, avec une progression de 13%.
PS5 et Nintendo Switch 2
La période fin 2025 illustre bien la situation: sur octobre-décembre 2025, la PS5 s’est écoulée à 8 millions d’unités dans le monde, soit un million de plus que la Nintendo Switch 2 sur la même période, malgré un avantage de Nintendo au Japon. Ce détail compte, parce qu’il raconte un marché moins uniforme qu’avant, où la domination se joue par territoires, par catalogues et par habitudes de consommation.
La PS5, elle, s’appuie sur une base installée énorme et sur une offre de contenus qui continue d’alimenter les ventes. L’exemple le plus parlant reste Ghost of Yōtei, suite de Ghost of Tsushima, qui a atteint 3,3 millions d’exemplaires depuis le 2 octobre 2025. Dans une industrie où tout est souvent réduit à des graphiques, ce type de succès rappelle une évidence: un jeu qui marque peut pousser à l’achat de la console, même quand les prix montent et que l’ambiance économique est plutôt à la retenue.
La pénurie de DRAM
La hausse annoncée en avril 2026 s’inscrit dans une crise mondiale des puces mémoire, autour de la DRAM et plus largement de la RAM, qui touche tout le secteur technologique. Sony justifie le nouveau palier tarifaire par cette pression sur les composants, et reconnaît que l’augmentation du coût de la mémoire vive contribue à maintenir des tarifs au-dessus du prix de lancement de 2020.
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La directrice financière Lin Tao indique que Sony a sécurisé des volumes de RAM permettant de tenir la production jusqu’à fin 2026, tout en évoquant un certain impact possible à terme sur les prix. Dit autrement: l’entreprise limite le risque de rupture immédiate, mais n’écarte pas une trajectoire où les coûts continueraient de peser sur le consommateur. C’est une nuance importante, car le marché n’a pas seulement peur d’une hausse déjà actée; il anticipe aussi que d’autres ajustements pourraient suivre si la tension persiste.
Acheter avant la hausse
Dans les jours qui précèdent une augmentation, on observe souvent une accélération des achats, et la PS5 n’échappe pas à cette règle. L’annonce de Sony a généré de la grogne, mais elle a aussi déclenché des achats anticipés, notamment chez ceux qui hésitaient depuis des mois. Le raisonnement est simple: tant qu’il reste des consoles au prix d’avant, on verrouille l’achat, même si l’on comptait attendre une promotion ou un pack plus attractif.
Le marché américain avait déjà connu un signal similaire: en août 2025, Sony avait procédé à une hausse de 50 dollars aux États-Unis, en l’expliquant par le contexte économique et les droits de douane. Et malgré cela, les ventes trimestrielles de juillet-septembre 2025 atteignaient 3,9 millions contre 3,8 millions un an plus tôt. Ce n’est pas que les joueurs adorent payer plus cher; c’est que l’accès au jeu sur console devient, petit à petit, une décision budgétaire plus structurante. La console n’est plus un achat de confort, c’est un investissement dans un écosystème.
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Le tableau reste toutefois contrasté: des analyses mentionnent une baisse de 16% des ventes de PS5 dans certains relevés, signe que tout le monde ne suit pas. La hausse des prix crée mécaniquement des exclus, et c’est là que la critique sociale s’invite: le jeu sur console, longtemps perçu comme un loisir populaire, glisse vers un modèle plus coûteux, où l’entrée dans la génération demande un effort financier plus lourd.
Qu’est ce qui attend les nouveaux joueurs de PS5
Pour les nouveaux utilisateurs, 2026 s’ouvre sur un paysage paradoxal. D’un côté, la console devient plus chère. De l’autre, l’écosystème n’a jamais été aussi dense, à commencer par l’activité réseau: 132 millions d’utilisateurs mensuels actifs sur PSN fin T3 2025, et une stratégie assumée de Sony qui privilégie l’exploitation de la base installée via logiciels et services plutôt que la marge sur le matériel.
Les chiffres de vente de jeux illustrent cette bascule: 97,2 millions de jeux PS4 et PS5 vendus sur octobre-décembre 2025, en hausse sur un an, et 13,2 millions de jeux first-party sur la même période. Les jeux à services pèsent aussi lourd dans l’économie interne, avec plus de 40% du chiffre d’affaires des productions internes attribué à des titres comme Helldivers 2 ou MLB The Show 25, tandis que les contenus additionnels atteignent 2,25 milliards d’euros sur le trimestre octobre-décembre 2025.
Sur le plan de l’offre future, l’arrivée annoncée de titres tels que Saros et Grand Theft Auto 6 pèse forcément dans l’arbitrage des joueurs, même sans détailler ici leur calendrier ou leurs effets exacts. Ce qui compte, c’est la lecture du marché: plus la fenêtre de sorties majeures paraît dense, plus l’achat d’une PS5 avant une hausse, ou malgré une hausse, semble rationnel pour une partie du public.
La séquence d’avril 2026 résume finalement l’état du jeu sur console: une industrie qui continue de croître en volumes d’usage, une PS5 portée par un écosystème massif, mais un accès qui se renchérit sous l’effet de la pénurie de DRAM, des contraintes économiques et d’une stratégie où le matériel devient surtout la porte d’entrée. Le prochain enjeu, pour Sony comme pour les joueurs, sera de voir jusqu’où ce modèle peut monter en prix sans casser l’élan d’adoption, alors même que l’objectif des 100 millions d’unités vendues semble à portée.