Le 30 avril 2026, Heroes of Might and Magic: Olden Era a officiellement ouvert son accès anticipé sur PC, via Steam et le Microsoft Store, avec une arrivée simultanée dans le PC Game Pass. Développé par Unfrozen et édité par Hooded Horse aux côtés d’Ubisoft, cet épisode marque un retour stratégique pour une franchise qui fête ses 30 ans.
Présenté comme une préquelle officielle de la saga, Olden Era nous emmène sur le continent de Jadame, dans le monde d’Enroth. Une manière habile de renouer avec le lore classique de Might & Magic tout en posant les bases d’un nouveau cycle. La promesse est claire : retrouver l’âme stratégique des opus mythiques, en particulier Heroes II et III, sans trahir l’héritage.
Après plusieurs heures sur cette version early access et à la lumière des premiers retours presse et joueurs, voici notre analyse, objective mais passionnée, de ce que vaut réellement ce retour aux sources.
The Missing Tail : nouveau jeu coop comme It Takes Two, mais avec deux chats
Un retour assumé aux fondamentaux de Heroes III
Impossible de parler d’Olden Era sans évoquer Heroes of Might and Magic III, référence absolue pour une large partie de la communauté. La structure de jeu repose sur une boucle stratégique limpide : exploration de carte, collecte de ressources, conquête de mines, optimisation des déplacements, puis affrontements tactiques au tour par tour.
La presse spécialisée souligne un point central : le jeu a bien compris ce qui rendait la formule addictive. Chaque tour donne envie d’enchaîner le suivant. La gestion des ressources reste simple en apparence, mais lourde de conséquences stratégiques. Un mauvais choix d’itinéraire ou un combat mal évalué peut compromettre toute une partie. Cette tension permanente, presque oldschool, constitue l’un des grands atouts du titre.
Certains joueurs saluent également une difficulté assumée, avec une IA capable de punir les erreurs et de mettre la pression dès les premières heures. On est loin d’un jeu qui prend le joueur par la main. Les vétérans y voient un retour bienvenu à une philosophie plus exigeante.
Dragon’s Dogma II Dark Arisen : l’extension qui fera revenir les joueurs ?
Une direction artistique entre Heroes II et 3D moderne
Visuellement, le studio revendique une inspiration directe de Heroes II : couleurs vives, silhouettes lisibles, ambiance fantasy immédiatement identifiable. Cette volonté de privilégier la lisibilité se ressent clairement, notamment lors des combats où chaque unité reste identifiable d’un coup d’œil.
Techniquement, Olden Era adopte une vue isométrique en 3D, avec caméra verrouillée. Ce choix a été justifié par des raisons de performance et de longévité. Dans les faits, le rendu oscille entre charme rétro et modernité discrète. Certains y voient une transition réussie, d’autres pointent une finition encore inégale.
Wardogs : le nouveau FPS à 100 joueurs en Early Access sur Steam
Plusieurs critiques évoquent en effet des animations parfois rigides ou des effets visuels encore bruts, rappelant que l’on est face à un accès anticipé. Rien de bloquant, mais cet aspect donne parfois un léger feeling de prototype, là où les attentes autour d’une licence historique sont élevées.
Six factions solides, dont deux vraies surprises
Dès le lancement de l’early access, six factions jouables sont proposées : Temple, Nécropole, Sylve, Donjon, Ruche et Schisme. Un contenu jugé plutôt généreux pour une version non finale, surtout avec la présence d’un éditeur de cartes déjà intégré.
La Ruche, inspirée des guêpes de Might and Magic VIII, apporte une touche organique et insectoïde originale. Le Schisme, quant à lui, assume une esthétique lovecraftienne avec des créatures issues des abysses. Ces deux factions représentent la tentative la plus visible d’injecter de la nouveauté dans une formule très classique.
Ace Combat 8 Wings of Theve est le jeu de simulation pour les fans de pilotage
Les retours communautaires sont globalement positifs sur ce point. Beaucoup apprécient que le jeu enrichisse l’univers sans rompre avec son ADN. Cependant, des discussions récurrentes évoquent déjà un équilibrage perfectible entre certaines unités, surtout en multijoueur. Un classique du démarrage d’un early access, mais un axe de travail crucial pour la suite.
Multijoueur ambitieux, mais encore en rodage
Olden Era propose un mode solo, un mode multijoueur et du coopératif. Avant le lancement, un test de charge massif a été organisé pour éprouver l’infrastructure en ligne, signe que le studio prend l’aspect compétitif au sérieux.
Malgré cela, les premiers retours soulignent un matchmaking encore perfectible : temps d’attente variables, stabilité inégale des parties, réglages en cours. Rien d’inattendu pour une phase d’accès anticipé, mais les joueurs les plus compétitifs attendent des améliorations rapides.
Le multijoueur reste néanmoins l’un des piliers du potentiel long terme. Avec l’intégration dans le PC Game Pass, la base de joueurs pourrait se montrer suffisamment large pour dynamiser la scène en ligne, à condition que l’infrastructure suive.
Un respect admirable… mais une prise de risque limitée
L’un des reproches récurrents tient dans cette idée : Olden Era ressemble peut-être un peu trop à Heroes III. L’interface et certaines mécaniques manquent de modernisations visibles. Quelques joueurs parlent d’un potentiel encore mal exploité, estimant que le jeu aurait pu aller plus loin dans l’innovation.
Les attentes étaient élevées : proposer un nouveau chapitre capable de marquer son époque, pas seulement de rendre hommage au passé. Sur ce point, le titre joue la carte de la prudence. Cela rassure les puristes, mais peut frustrer ceux qui espéraient une rupture plus marquée.
Il faut toutefois reconnaître que le studio affiche une feuille de route d’environ un an d’accès anticipé, avec un travail annoncé sur l’équilibrage, la stabilité et les fonctionnalités. L’objectif est clairement affiché : co-développer le jeu avec la communauté. Un pari qui peut transformer une base solide en opus majeur, si le suivi tient la distance.
Stabilité et performances : l’ombre classique de l’early access
Comme souvent avec ce type de lancement, tous les retours ne sont pas idylliques. Certains utilisateurs signalent des bugs, des problèmes de stabilité ou de performances sur certaines configurations. Là encore, rien d’alarmant à grande échelle, mais suffisamment présent pour apparaître dans les avis négatifs.
Un point salué par une partie de la communauté concerne l’absence de DRM Ubisoft Connect, mentionnée positivement dans plusieurs critiques Steam. Un détail technique qui, dans le contexte actuel, compte davantage qu’on ne le pense.
- Ce qui plaît aux joueurs : fidélité à Heroes III, difficulté exigeante, six factions dès l’EA, éditeur de cartes inclus, absence de DRM intrusif.
- Ce qui est reproché : équilibrage encore fragile, matchmaking en rodage, finition visuelle inégale, innovations limitées par rapport aux anciens opus.
À ce stade, Heroes of Might and Magic: Olden Era apparaît comme un hommage solide, respectueux et stratégiquement bien construit. Il ne révolutionne pas la licence, mais il en restaure avec sérieux les fondations. Pour les vétérans, c’est une lettre d’amour qui demande encore quelques retouches. Pour les nouveaux venus, c’est une porte d’entrée exigeante vers une école du tour par tour qui ne pardonne pas l’improvisation.
La vraie question n’est donc pas de savoir s’il est parfait aujourd’hui. Elle tient plutôt à sa capacité à évoluer. Si l’équipe parvient à peaufiner l’équilibrage, stabiliser le multijoueur et affiner la présentation, Olden Era pourrait devenir bien plus qu’un simple retour nostalgique : un nouveau pilier pour une franchise qui, contre toute attente, refuse obstinément de vieillir.