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L’homme qui a marché 14 ans dans Minecraft pour atteindre les Far Lands

7 min de lecture
14 ans pour atteindre les Far Lands à pied dans Minecraft

©Minecraft

Le 4 octobre 2025, un Américain nommé Kurt J. Mack a atteint les Far Lands dans Minecraft, après avoir marché en jeu pendant 14 ans et 7 mois. La destination se trouvait à 12 550 821 blocs du point de départ, un bout du monde né d’un glitch de génération que l’on disait, à l’époque, pratiquement impossible à rejoindre à pied.

Son périple n’a rien d’un sprint spectaculaire. Il s’agit d’une marche obstinée, documentée, saison après saison, dans une série devenue culte, Far Lands or Bust. Pas de téléportation, pas de mods, pas de cheats. Juste la routine du mode survie, la répétition, et cette sensation étrange de poursuivre une limite technique comme si c’était un horizon réel.

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À mesure que les années passent, l’histoire dépasse le cadre du jeu. Elle parle de persévérance, de lenteur assumée, et de ce moment où un objectif absurde finit par prendre une forme très concrète, presque documentaire. Un monde réputé infini, et pourtant une frontière, bien là, au bout d’une marche.

Les Far Lands, une frontière née d’une erreur

Les Far Lands ne sont pas une zone prévue comme un biome rare ou un niveau secret. Ce sont des anomalies massives dans le terrain, provoquées par une erreur d’arrondi qui s’aggrave avec la distance, dans les versions d’avant Minecraft 1.8. Plus on s’éloigne, plus le calcul déraille, et plus le paysage se transforme en falaises démesurées, tunnels étirés, distorsions impossibles.

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En 2011, ces terres lointaines ont quelque chose de mythique parce qu’elles incarnent une limite. On peut jouer des centaines d’heures sans jamais les frôler. Même Notch, le créateur de Minecraft, les considérait comme pratiquement impossibles à atteindre dans des conditions normales. Et c’est précisément ce caractère interdit, plus technique que narratif, qui a donné à la zone sa réputation de bout du monde.

Le jour où Kurt J. Mack transforme un bug en quête

En mars 2011, Kurt J. Mack lance son projet et lui donne un titre simple, presque programmatique : Far Lands or Bust. L’idée est limpide. Choisir une direction et marcher, encore et encore, jusqu’à atteindre ces formations insensées. Le tout en survie, sans tricherie, sans béquilles, comme pour sceller un pacte avec l’endurance.

Au départ, beaucoup peuvent voir ça comme une lubie d’Internet, un défi amusant voué à s’essouffler. Mais la série s’organise, les saisons s’enchaînent, et le projet s’installe. Il y a là quelque chose de tenace dans la méthode, presque rassurant. Comme si la seule manière d’affronter le trop grand, c’était d’en faire une routine.

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kurtjmac minecraft
@kurtjmac

Marcher pendant des années, et apprendre à aimer la répétition

Les chiffres donnent le vertige, mais ils disent aussi la lenteur du début. En 2011, la progression est d’environ 1 248 blocs par jour, avec un premier repère marquant à 292 000 blocs après 234 jours. Ce n’est pas l’épopée d’un soir, c’est une accumulation patiente, une trajectoire qui n’a de sens que parce qu’elle se prolonge.

Dans cette marche, il n’y a pas seulement de la distance. Il y a le temps, l’attention tenue, et la solitude relative d’un projet qui avance même quand le reste du jeu change de visage. Les sessions récentes mentionnent une moyenne d’environ 3 heures par stream, une cadence plus efficace, mais toujours soumise à la même loi : un pas après l’autre, jusqu’à l’obsession calme.

  • Répétition des paysages et des routines de survie, avec une progression qui se mesure sur des mois.
  • Documentation intégrale en saisons, comme un feuilleton de l’endurance plutôt qu’un simple challenge.
  • Gestion d’un monde de plus en plus éloigné, où la technique et la patience finissent par se confondre.

Rester bloqué dans le passé pour ne pas perdre la destination

Le tournant le plus décisif n’est pas une falaise ou un monstre, mais une mise à jour. En 2014, la version Minecraft 1.8 corrige le phénomène des Far Lands. Autrement dit, la destination disparaît du jeu moderne. Pour beaucoup, cela aurait signé la fin du voyage, ou l’obligation de tricher avec le concept.

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Kurt fait le choix inverse. Il reste sur une version ancienne, bêta 1.7.3, pour préserver la réalité de son objectif. Sans bruit, le projet devient alors une forme d’archéologie numérique : pendant que Minecraft évolue ailleurs, lui continue de marcher dans une itération du monde qui n’existe plus. C’est étrangement poétique : avancer vers le futur en restant techniquement dans le passé.

Compter les blocs, mais rarement regarder les coordonnées

Pour un périple aussi long, on pourrait s’attendre à une obsession du chiffre, du compteur constamment affiché. Or Kurt limite volontairement le recours à l’écran de coordonnées. Sur 14 ans, il n’a utilisé la touche F3 que 12 fois. Comme si l’important n’était pas de vérifier sans cesse, mais de marcher, et de laisser le voyage se prouver lui-même.

Quelques repères jalonnent pourtant la progression, avec une précision presque symbolique. En avril 2024, un contrôle situe la marche à 8 388 000 blocs. Plus tard, un dernier appui connu pendant la saison 11 place le compteur à 9 860 000 blocs. Sur la fin du parcours, le rythme estimé atteint environ 9 200 blocs par heure, signe que l’expérience, les habitudes et le format de diffusion ont, eux aussi, évolué.

Un record reconnu, et une marche qui finance autre chose que le mythe

En 2015, le périple sort du cercle des initiés avec une reconnaissance Guinness pour le record de la plus longue traversée dans Minecraft. Le détail compte : l’exploit n’est pas seulement une histoire qu’on se raconte entre fans, il devient un fait enregistré, officialisé, posé dans une catégorie qui n’existait pas vraiment avant qu’il ne la remplisse.

Et puis il y a l’autre dimension, plus discrète, mais essentielle dans la durée : l’aspect caritatif. Sur 14 ans, le projet a permis de lever environ 500 000 dollars via des formats de type walkathon, ces marathons de marche organisés par saisons. La quête reste absurde, mais elle s’accroche à quelque chose de concret. C’est peut-être aussi ce qui la rend tenable si longtemps, sans se dissoudre dans le simple caprice.

Le moment où l’impossible devient un paysage

À l’automne 2025, les estimations convergent : il ne reste plus qu’une poignée d’heures. Une prédiction évoque environ 200 000 blocs restants en septembre, et l’idée d’une fin en moins de 24 heures de marche. Ce n’est plus un rêve lointain, c’est une ligne que l’on voit se rapprocher, morceau par morceau, à l’échelle d’un stream.

Le 4 octobre 2025, Kurt atteint la coordonnée attendue : 12 550 821 blocs. Il devient le premier à rejoindre les Far Lands en marchant en survie, dans les conditions strictes qu’il s’était fixées. D’autres joueurs ont touché ces zones par d’autres moyens, certains plus rapides, certains plus spectaculaires. Mais ici, la singularité tient au geste : un seul axe, une seule marche, un seul monde conservé intact pour que la destination existe encore.

Ce qui reste, après l’exploit, n’est pas seulement une distance. C’est l’idée qu’un jeu réputé infini peut contenir une frontière, et qu’un humain peut décider de la rejoindre sans colère, sans grand discours, simplement en répétant le même mouvement pendant des années. Une limite technique s’est transformée en légende, et, pendant un instant, le bout du monde a eu la texture d’un terrain de jeu.

📝 En résumé

Kurt J. Mac a transformé un bug légendaire de Minecraft en une quête épique, marchant sans relâche pendant 14 ans pour atteindre les mythiques Far Lands, une frontière déformée du monde jeu vidéo.

  • Les Far Lands émergent d'une erreur de génération de terrain à plus de 12 millions de blocs du spawn, créant un paysage warped inaccessible en conditions normales.
  • Lancé en 2011 via la série YouTube Far Lands or Bust, le périple en mode survie sur bêta 1.7.3 a levé plus de 500 000 dollars pour des causes humanitaires.
  • Atteintes le 4 octobre 2025, ces Far Lands incarnent une légende de pop culture gaming, prouvant la persévérance humaine face à l'absurde infini du jeu.
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Photo de Paul Ansay

Paul Ansay

Rédacteur / Tech Guru
Paul est développeur web et passionné de culture geek. Il assure la maintenance et le développement de WorldOfGeek.fr, tout en rédigeant des articles sur les jeux vidéo, la tech et la pop culture pour apporter sa touche personnelle au média.
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