Quelqu’un devrait interdire les dimanches après-midi arrive sur ARTE comme une tragicomédie à part, portée par Isabel Coixet, qui signe à la fois la réalisation et le scénario. Produite en 2025, la série se déploie en 1 saison de 8 épisodes d’environ 30 minutes chacun, un format qui colle bien aux habitudes de visionnage actuelles sans sacrifier l’épaisseur émotionnelle.
Le décor est Paris, et pas seulement en arrière-plan. Ici, la ville fonctionne comme un personnage à part entière, entre le canal de l’Ourcq, Belleville, les cinémas de patrimoine, les librairies et les bars où l’on refait le monde. On suit trois colocataires cinéphiles, au mitan de la vingtaine, coincés dans cet âge entre-deux où l’on n’est ni tout à fait adolescent, ni franchement adulte.
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La diffusion est annoncée sur ARTE et arte.tv, avec une mise en ligne du 12 mars 2026 au 11 septembre 2026. Côté télévision, la programmation est fixée aux jeudis 19 et 26 mars 2026 à 21h. À noter aussi, parce que c’est loin d’être un détail, l’audiodescription et le sous-titrage malentendant sont disponibles.
Une chronique de colocataires cinéphiles
Le point de départ est simple, presque trop quotidien pour ne pas être vrai. Le trio se retrouve le dimanche pour regarder un film triste, une manière de conjurer la déprime du lundi. Le geste a quelque chose de social, mais aussi de très intime, comme si l’écran permettait d’énoncer à voix basse ce qu’on n’arrive pas à dire directement.
La série navigue entre rêves et tourments existentiels, en mettant au centre l’amitié, l’amour et les relations qui se compliquent quand on croit encore avoir tout le temps devant soi. La tonalité est annoncée mélancolique et drôle, tour à tour légère et grave, avec ce balancement qui ressemble à la vraie vie quand elle ne cherche pas à être performante.
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Un casting de nouvelles figures
La distribution met en avant Liv Henneguier (Louise) et Clara Bretheau (Charlie), avec Théo Christine parmi les acteurs principaux. Le trio au centre, présenté comme des colocataires cinéphiles, porte cette mécanique de l’intime où le moindre non-dit peut devenir un évènement.
La série affiche aussi des participations remarquées, avec Jeanne Balibar et Tim Robbins. Leur présence donne une coloration particulière au projet, comme un pont tendu entre une chronique sentimentale située et une ambition plus large, celle de faire dialoguer les imaginaires, les générations et les façons de raconter les vies ordinaires.
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Isabel Coixet revient à ses obsessions mélancoliques
Isabel Coixet signe ici son retour à la série après Foodie Love. Les éléments annoncés parlent d’un retour à ses obsessions mélancoliques, ce qui éclaire la promesse de ton: une narration capable de faire sourire, puis de tirer doucement le tapis sous les certitudes.
L’intention est également présentée comme un hommage à l’amitié. Dans une fiction centrée sur une tranche d’âge en équilibre instable, l’amitié devient une structure, parfois plus solide que les histoires d’amour, parfois plus dangereuse aussi quand elle sert à éviter de regarder en face ce qui change. On retrouve là une matière très sensible, qui peut rendre les dimanches plus lourds et, paradoxalement, plus partageables.
Une série qui parle du cinéma et de sa fragilité
La particularité la plus stimulante, côté geek du cinéma et côté amoureux des salles, tient à la réflexion sur le cinéma lui-même. La série intègre une pensée sur sa fragilité et sa nature irremplaçable. Le cinéma n’est pas seulement un loisir du dimanche, il devient un langage commun, un refuge, une discipline émotionnelle.
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Pour le dire clairement, on n’est pas face à une simple succession de références. Le rituel du film triste raconte une manière de se soigner à plusieurs, de transformer une angoisse diffuse en objet regardable. Et dans une époque où l’on consomme beaucoup, vite, partout, le fait de revenir aux salles, aux films qui restent, aux lieux qui ont une mémoire, ajoute une texture particulière au récit.
Ce qu’il faut retenir de
- Format pensé pour le rythme mobile: 8 épisodes de 30 minutes, faciles à enchaîner ou à garder pour un dimanche.
- Double diffusion claire: plateforme arte.tv du 12 mars au 11 septembre 2026, puis deux soirées télé les 19 et 26 mars à 21h.
- Ancrage parisien très présent: Ourcq, Belleville, cinémas de patrimoine, librairies, bars.
- Thèmes identifiés: jeunesse, amitié, amour, cinéma, et ce fond de mélancolie qui ne s’excuse pas.
- Accessibilité: audiodescription et sous-titrage malentendant disponibles.
Avec son format court, sa ville-personnage et son obsession assumée pour le cinéma, Quelqu’un devrait interdire les dimanches après-midi s’installe dans une case rare: celle des séries qui regardent la jeunesse sans la juger, et qui acceptent la tristesse comme une couleur parmi d’autres. Sur plusieurs mois de disponibilité, la série a le temps de trouver son public, épisode après épisode, comme un rituel qu’on adopte sans forcément le préméditer.