Le 12 mars 2026, 1348 Ex Voto arrive sur PC (Steam, Epic Games Store) et PlayStation 5, avec une promesse simple sur le papier et beaucoup moins dans l’exécution : nous faire traverser une Italie du XIVe siècle ravagée par la peste noire, manette en main, sans transformer l’histoire en musée ni l’action en carnaval.
La date a été confirmée récemment, en même temps qu’une décision qui ne fera pas plaisir à tout le monde : la version Xbox Series a été annulée afin de concentrer les ressources sur PC et PS5. Côté tarif, le jeu se place dans une zone plutôt accessible, avec une Édition Standard à 24,99 EUR et une Édition Deluxe à 29,99 EUR incluant un artbook numérique.
Derrière ce projet, on retrouve Sedleo, studio italien à l’équipe internationale composée de 15 vétérans de l’industrie, et Dear Villagers à l’édition, depuis Montpellier. Le directeur du jeu, Tom Oceano, résume l’état d’esprit avec une formule qui sonne comme un aveu de chantier long et passionné : “Nous sommes ravis de pouvoir enfin vous montrer ce sur quoi nous avons mis tout notre cœur et notre énergie ces dernières années : 1348 Ex Voto”.
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Une Italie en crise, et deux voix au centre du récit
1348 Ex Voto se présente comme un action-aventure à la troisième personne. On y incarne Aeta, une chevalière errante, doublée en anglais par Alby Baldwin, lancée sur la piste de Bianca, doublée par Jennifer English, et enlevée par des bandits. Le point de départ est clair, presque intime, et c’est précisément ce qui fonctionne dans ce genre de contexte : un objectif humain au milieu d’un monde qui se délite.
Autour d’elles, l’Italie décrite s’enfonce dans des tensions multiples : fanatiques religieux, mercenaires, bandits, conflits politiques, et même des exodes ruraux qui donnent à l’arrière-plan une densité sociale. Le jeu insiste aussi sur une foi ambiguë et sur l’idée d’ex-voto comme offrandes, avec des thèmes annoncés comme l’honneur, la justice et le sacrifice, plus proches d’une ferveur inquiète que d’un héroïsme propre et bien repassé.
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Des combats HEMA assumés
Le cœur “geek qui aime quand ça claque” retient surtout une chose : des combats inspirés des arts martiaux historiques européens (HEMA/AMHE), conçus en collaboration avec des experts, et soutenus par de la motion capture. Sur le papier, c’est l’antidote parfait au coup d’épée générique qui traverse l’air comme un ventilateur fatigué. Ici, l’ambition est de donner un poids, une intention, une lecture.
Le système repose sur deux postures : une main pour des frappes plus rapides et une capacité d’esquive mise en avant, et deux mains pour des attaques plus lentes mais plus puissantes. Les combos se débloquent via des livres de compétences, ce qui ouvre la porte à une progression qui, si elle est bien rythmée, peut donner ce petit goût de maîtrise qu’on associe aux jeux qui respectent le temps du joueur. On est sur une approche qui veut paraître concrète, presque pédagogique, sans annoncer pour autant une simulation pure.
Personnalisation et progression
Le jeu met aussi en avant une personnalisation de l’épée, avec des éléments comme la garde, la lame, la poignée et le pommeau. On ne parle pas d’ouvrir un tableur, mais plutôt de façonner un outil qui accompagne le style choisi, et ça colle bien à une aventure centrée sur un personnage unique.
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Côté progression, un arbre de compétences est prévu, structuré autour de quatre axes : Prudentia, Audatia, Fortitudo et Celeritas. L’idée évoque une montée en puissance qui pourrait moduler la façon d’aborder les affrontements, entre prudence, audace, solidité et vitesse. Dans le meilleur des cas, on obtient un système assez lisible pour être compris sur mobile en deux scrolls, et assez profond pour qu’on se surprenne à réfléchir avant de dépenser un point.
- Deux postures pour varier le rythme des duels.
- Livres de compétences pour ouvrir de nouveaux enchaînements.
- Pièces d’épée à ajuster pour façonner son style.
- Quatre branches de progression pour orienter Aeta.
Une exploration “dirigiste” et un voyage sur un seul chemin
Sur la structure, 1348 Ex Voto ne promet pas un monde ouvert. L’exploration est décrite comme dirigiste, avec une narration en tunnel et un chemin unique à travers l’Italie rurale, les Apennins, des villages, des châteaux et des ruines romaines. C’est un choix qui a un avantage immédiat : contrôler le tempo, la mise en scène, et la densité des rencontres.
L’aventure couvrirait environ un an de temps “in-game”, ce qui suggère une progression marquée, potentiellement ponctuée de ruptures, de saisons, ou au moins d’étapes narratives. Et sur la technique, le jeu tourne sous Unreal Engine 5, un moteur que beaucoup associent à une certaine ambition visuelle. Ce n’est pas une garantie magique, mais c’est un signal sur le type de production visé.
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Plateformes, éditions et ce que l’on achète vraiment
La situation est nette : PS5 et PC uniquement. La version Xbox Series a été retirée des plans, et il vaut mieux le savoir avant de s’attacher à l’idée d’un lancement “partout”. Cette concentration peut aussi être lue comme une volonté de stabiliser le projet, de livrer quelque chose de solide, plutôt que de multiplier les fronts.
Pour ceux qui aiment le physique, des éditions exclusives PS5 sont prévues via Meridiem. La Limited Edition inclut le jeu, une lettre d’Aeta et un DLC. La Golden Edition ajoute une jaquette spéciale, un artbook et un patch. À noter aussi un point très concret pour la réception en France : le doublage annoncé est en anglais uniquement, sans italien communiqué, ce qui donnera forcément une couleur particulière à cette Italie ravagée, entre intention artistique et friction culturelle assumée.
1348 Ex Voto a été dévoilé à la Gamescom de Cologne en août 2025, et une démo y a été présentée avec du gameplay étendu, notamment des combats et des camps. D’ici sa sortie, le jeu se joue sur une ligne délicate : ne pas être une simulation historique, tout en proposant une expérience fictive dite crédible. Si l’équilibre est tenu, on pourrait tenir un action-aventure qui ose la matière et le geste, sans oublier qu’au centre, il y a surtout une quête, une absence, et un monde qui se fissure à chaque pas.