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Lanterns : Pourquoi vous devriez regarder ce nouveau banger de DC ?

6 min de lecture
lanterns hbo max

Lanterns © HBO Max

Lanterns réussit là où beaucoup de productions super-héroïques patinent depuis plusieurs années : elle ne cherche pas à fabriquer un spectacle plus gros, mais un récit plus dense. Ici, les anneaux cosmiques, les uniformes verts et les menaces intergalactiques passent presque au second plan. DC Studios préfère commencer par un meurtre, une petite ville du Nebraska et deux policiers qui se supportent à peine.

Après avoir passé du temps avec les deux premiers épisodes disponibles, une idée s’impose : DC se renouvelle en cessant de traiter ses héros comme des mascottes. Lanterns ressemble davantage à une série policière HBO contaminée par la science-fiction qu’à un feuilleton chargé de vendre le prochain grand crossover. Et franchement, nos rétines avaient besoin de vacances après tant de portails lumineux dans le ciel.

DC a enfin compris que le genre compte plus que le costume

Le choix le plus malin de Lanterns consiste à raconter une enquête criminelle avant de déployer sa mythologie. Le vétéran Hal Jordan et la nouvelle recrue John Stewart sont entraînés dans une affaire sombre dont les ramifications dépassent rapidement le cadre local. Pourtant, la série ne transforme pas chaque indice en prétexte pour déclencher une bataille numérique.

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L’influence de True Detective saute aux yeux, notamment dans les paysages ruraux, les silences pesants et la relation inconfortable entre les enquêteurs. On retrouve aussi quelque chose de Slow Horses dans ces personnages compétents, mais cabossés, dont les erreurs restent accrochées aux bottes. Ce qui nous a frappés, c’est que la série s’intéresse moins au nom du coupable qu’aux blessures ayant conduit chacun jusqu’à cette affaire.

La surprise vient d’ailleurs : Lanterns ne copie pas simplement les codes du polar prestigieux pour paraître adulte. Elle les utilise afin de poser une question rarement abordée frontalement chez DC : que devient un héros lorsque son autorité ne suffit plus à masquer ses fautes ?

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Hal Jordan et John Stewart ne forment pas un duo bien propre

Kyle Chandler apporte à Hal Jordan une fatigue immédiatement crédible. Son Lantern expérimenté conserve de l’assurance, de l’humour et une certaine arrogance, mais on sent que le vernis craque. Contrairement au héros conquérant que le cinéma affectionne, celui-ci donne parfois l’impression d’avoir déjà disputé le combat de trop.

Face à lui, Aaron Pierre compose un John Stewart plus contenu, observateur et méfiant. À l’usage, leur dynamique fonctionne parce qu’elle ne repose pas uniquement sur les chamailleries habituelles du vieux mentor et du jeune élève. John ne veut pas devenir Hal, tandis que Hal n’a peut-être plus envie d’être l’homme que John imagine. Ce décalage donne du poids au moindre échange.

Le dispositif permet surtout à DC d’organiser une transmission sans sortir les violons. Personne ne passe solennellement le flambeau devant un coucher de soleil avec trois violoncelles en arrière-plan, merci HBO. La relève se construit dans le doute, les secrets et les rapports de pouvoir.

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Une petite ville peut rendre le cosmos plus inquiétant

Installer l’essentiel du récit sur Terre pouvait sembler frustrant pour une adaptation de Green Lantern. Après tout, le Corps protège des milliers de secteurs spatiaux et possède l’une des mythologies les plus vastes de DC. Pourtant, cet ancrage devient rapidement la meilleure idée de la série.

Rushville ressemble à un endroit tangible, avec ses habitants, ses rancœurs et sa shérif Kerry Kane, incarnée par Kelly Macdonald. Lorsque l’étrange surgit dans ce décor banal, il gagne en puissance. Un anneau capable de matérialiser la volonté paraît plus déconcertant au milieu d’une route poussiéreuse que dans une galaxie déjà remplie de monstres violets.

Cette retenue n’efface pas l’univers des comics. Sinestro, joué par Ulrich Thomsen, et Guy Gardner, toujours interprété par Nathan Fillion, rappellent que l’enquête appartient à un ensemble beaucoup plus vaste. On sent le cosmos derrière la porte, mais la série a l’intelligence de ne pas l’enfoncer dès la première minute.

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Une série accessible même après le traumatisme du film de 2011

Lanterns ne réclame pas un doctorat en continuité DC. Les informations essentielles passent par les personnages et non par une avalanche de noms propres. Les nouveaux venus peuvent donc entrer dans l’histoire sans connaître la couleur de chaque Corps émotionnel, tandis que les lecteurs de comics repéreront les tensions déjà installées.

  • Une enquête lisible, capable d’accrocher sans connaissance préalable.
  • Des héros imparfaits, écrits comme des adultes plutôt que comme des figurines.
  • Un mystère cosmique distillé avec suffisamment de patience.
  • Un casting solide qui rend crédibles les dialogues les plus étranges.

On reste prudents sur la capacité de la saison à équilibrer son polar terrestre et les attentes gigantesques liées aux Green Lantern. Mais avec huit épisodes d’environ une heure, la série possède l’espace nécessaire pour développer ses ramifications sans courir comme Flash après un café serré.

Lanterns dessine la nouvelle identité du DCU

Créée par Chris Mundy, Damon Lindelof et Tom King, la série révèle surtout la stratégie la plus intéressante du nouveau DCU : adapter chaque personnage à un genre précis. Superman peut porter l’aventure lumineuse, tandis que Lanterns adopte le polar psychologique. Les projets restent connectés, mais ils n’ont plus besoin de parler avec la même voix.

Les premiers retours accompagnent ce pari avec un score critique affiché à 94 % et un score public à 82 % sur Rotten Tomatoes, des chiffres encore susceptibles d’évoluer. Plus significatif à nos yeux, Lanterns parvient déjà à intéresser des spectateurs lassés des super-héros. C’est probablement sa victoire la plus précieuse.

En France, les deux premiers épisodes sont disponibles sur HBO Max, avant l’arrivée du troisième le 31 août 2026 et une diffusion hebdomadaire jusqu’au 5 octobre. Lanterns ne demande pas de croire de nouveau aveuglément aux univers partagés. Elle nous rappelle simplement qu’un bon héros commence par être un bon personnage.

DC n’avait pas besoin d’un anneau plus brillant. Il lui fallait une meilleure manière de raconter ceux qui le portent.

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Photo de Augustin Pointillart
Rédacteur / Pro Gamer
Salut les Geeks, je m'appelle Augustin et je suis un rédacteur passionné de WoG. L'univers des jeux vidéos et des mangas à bercer toute ma vie, et aujourd'hui j'essaye de vous faire partager ma passion à travers mes articles.
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