Last Flag a été officiellement dévoilé pendant le Summer Game Fest 2025, entre le 6 et le 9 juin, avec une promesse claire : remettre la capture du drapeau au centre d’un hero shooter en 5 contre 5, vu à la troisième personne. Le projet vient du studio Night Street Games, cofondé par Dan Reynolds et Mac Reynolds, un nom qui a naturellement attiré la curiosité au-delà du cercle habituel des annonces multijoueurs.
Le calendrier, lui, place le jeu face à un contexte parfois cruel pour ce genre de titres. Highguard, lancé le 26 janvier 2026, a vu ses serveurs fermer le 12 mars 2026, soit 45 jours d’existence. Malgré plus de 2 millions de joueurs après sa sortie, les retours ont rapidement viré au rouge, notamment via des avis Steam négatifs, et les comparaisons avec Concord sont arrivées très tôt, comme un avertissement devenu réflexe dès qu’un hero shooter vacille.
Marvel Rivals : Black Cat présentée dans un nouveau trailer
Un format « Capture The Flag » (CTF) en trois phases
La proposition de Last Flag s’articule autour d’un déroulé en trois phases qui change la logique habituelle du CTF. D’abord, une phase de 60 secondes où une équipe doit cacher son drapeau sur sa moitié de carte. Ce point n’est pas un simple gadget : il transforme la lecture de la map en problème collectif, avec une dimension de bluff et de placement, plutôt que l’éternel couloir entre deux bases.
Ensuite vient la phase principale, avec 15 minutes pour localiser, capturer et ramener le drapeau adverse à la base, décrite comme une pyramide. Et si l’objectif n’est pas rempli, le jeu bascule sur une élimination directe. Sur le papier, ce découpage introduit une montée en tension très lisible, presque “match de sport” : installation, exécution, puis verdict. C’est aussi une manière d’obliger le groupe à jouer ensemble au lieu de se disperser en duels stériles, ce qui, dans un hero shooter, peut vite devenir un sport national.
Crimson Desert : 5 réglages caméra pour transformer ton expérience de jeu
Neuf héros, des rôles complémentaires et du teamplay
Le jeu annonce neuf héros jouables, chacun avec une arme principale et deux passifs bonus. Les rôles décrits couvrent des besoins classiques mais essentiels : exploration, combat, soutien, contrôle de zone et mobilité. Cette répartition laisse entendre que la victoire passera moins par l’exploit individuel que par l’assemblage cohérent d’une équipe, surtout avec un objectif aussi lisible que ramener un drapeau.
Dans cette logique, l’intégration d’un chat vocal n’est pas un détail cosmétique. Sur un CTF où l’on doit d’abord déduire où l’autre équipe a caché son drapeau, l’information partagée devient une ressource. À condition que l’écosystème suive, un vocal bien utilisé peut faire la différence entre une équipe qui joue “à côté” et une équipe qui joue “ensemble”, deux expériences qui n’ont rien à voir même avec les mêmes armes et la même carte.
Une DA seventies psychédélique
Sur un marché saturé d’armures futuristes, de néons sérieux et de “lore” trop lourd, Last Flag mise sur une direction artistique années 1970, psychédélique et colorée. Les arènes sont annoncées comme des espaces extérieurs évoquant des films d’action d’époque, avec une extravagance massive. Le choix est risqué, mais lisible : on reconnaît une identité en une seconde, ce qui est souvent la première bataille d’un jeu multijoueur.
Overwatch Saison 2 : tous les Twitch Drops gratuits à choper
Ce parti pris peut aussi servir le gameplay. Une DA très contrastée aide à lire les silhouettes, les zones, les trajectoires, surtout en troisième personne. Et sur mobile, dans le flux Discover, cette identité visuelle est aussi un argument d’existence. Sans promettre des miracles, on peut au moins constater que le jeu cherche à être mémorable, pas simplement compétitif.
Le contre-exemple Highguard, ou la leçon des 45 jours
Difficile d’évoquer un nouveau hero shooter sans regarder derrière. Highguard a été révélé aux Game Awards 2025 dans un segment “One More Thing”, avec un statut free-to-play et des promesses ambitieuses. Le lancement, le 26 janvier 2026, a attiré du monde rapidement, dépassant 2 millions de joueurs après la sortie. Puis les difficultés ont été signalées peu après, avec des retours de plus en plus durs et des avis négatifs sur Steam.
Le 3 mars 2026, un communiqué sur X a annoncé la fermeture définitive, avec des remerciements aux joueurs pour leurs retours et leurs créations, et la fermeture effective est intervenue le 12 mars 2026. Ce timing express est devenu un marqueur, presque une unité de mesure. Et l’ombre de Concord a servi de raccourci : Highguard a été qualifié de “nouveau Concord” ou “Concord 2.0” dès décembre 2025, puis après la fermeture. Ce n’est pas qu’un meme, c’est un signal : le public n’accorde plus beaucoup de temps aux jeux qui ne trouvent pas immédiatement leur rythme.
007 First Light : un système indonésien leak des infos du jeu avant sa sortie
Révolution ou flop ?
À ce stade, Last Flag affiche des éléments différenciants concrets : un CTF en phases, une pression temporelle claire, une élimination directe en cas d’échec, et une DA qui s’assume. Mais la frontière entre “révolutionnaire” et “flop” se joue souvent sur des détails moins glamour, ceux qui se découvrent manette en main, session après session. Le jeu a prévu une alpha accessible via inscription, avec des playtests possibles fin 2025 ou plus tard, présentés comme une occasion d’influencer le développement. C’est une démarche utile quand on veut ajuster l’équilibre et le ressenti avant la fenêtre de tir.
La sortie est annoncée sur PC via Steam et Epic Games Store en 2026, avec une date mentionnée au 14 avril, et des versions consoles en développement. Le modèle économique évoque un prix d’achat unitaire modique, là où d’autres misent sur le free-to-play. Ce choix peut être un filtre cohérent si le contenu et la finition suivent, mais il impose aussi une exigence immédiate : convaincre dès l’achat, sans l’argument du “c’est gratuit, on verra”.
- Identité de jeu : la mécanique de cache du drapeau et la bascule en élimination directe doivent rester lisibles et amusantes sur la durée.
- Qualité de sensation : dans un hero shooter, tirs, déplacements et lisibilité des pouvoirs font la loi, même quand le concept est bon.
- Vie communautaire : le chat vocal et le teamplay peuvent sublimer l’expérience, ou la rendre frustrante si l’équilibrage et la progression ne suivent pas.
- Calendrier : arriver après l’exemple Highguard signifie être jugé plus vite, plus durement, parfois sans seconde chance.
Pour l’instant, Last Flag ressemble moins à un simple clone qu’à une tentative de remettre de la stratégie et du spectacle dans un format connu. Reste la partie la plus délicate, celle qui ne se voit pas dans un trailer : transformer une idée claire en habitudes de jeu solides, et donner envie d’y revenir après la première soirée.
Avec une alpha déjà ouverte aux inscriptions et une sortie cadrée pour 2026, la trajectoire est lancée. Entre la promesse d’un CTF modernisé et le souvenir encore frais des fermetures éclairs, le jeu joue une carte intéressante, mais sans filet : la différence entre un titre unique et un nom de plus dans la liste des déceptions se construit à la minute, match après match, quand la nouveauté cesse d’être nouvelle.