En 2025, la comédie au cinéma s’est moins contentée d’aligner des blagues que de jouer avec les genres, du thriller à l’action, en passant par la satire sociale et la rom-com. Les classements rétrospectifs publiés après les sorties de l’année dessinent un constat net : les films qui font le plus rire sont souvent ceux qui assument une part de tension, de malaise ou de vertige, comme si le public cherchait aussi une dose de stress contrôlé dans son rire.
Voici donc les 10 plus grandes comédies de 2025, classées, avec ce qu’il faut retenir de leur tonalité et de leur promesse de spectacle, sans surjouer la hype et sans inventer ce que les informations ne disent pas.
Une Bataille Après L’Autre
La plus grande réussite de l’année, qui est drôle mais pas seulement, c’est évidemment Une Bataille Après L’Autre (Warner Bros.) incarne parfaitement cette année où la comédie s’est glissée là où on ne l’attend pas. Le film est présenté comme un hybride, mélangeant comédie, thriller, action et crime drama, une combinaison qui, sur le papier, ressemble à un patchwork, mais qui vise justement une expérience de rire plus nerveuse, plus imprévisible.
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La présence de Leonardo DiCaprio est un autre marqueur fort. Quand une star de ce calibre se retrouve associée à un film mis en avant d’abord pour son efficacité comique, on comprend que 2025 a poussé le curseur vers une comédie de déséquilibre, où l’intensité et le rire se répondent au lieu de s’annuler.
Aucun Autre Choix
Le film Aucun Autre Choix (No Other Choice en VO) est une excellente découverte qui mise sur la satire sociale sud-coréenne, avec Park Chan-wook à la réalisation. Le pitch communiqué est limpide : Lee Byung-hun incarne Yoo Man-soo, un manager licencié qui se met à comploter contre la concurrence dans une course à l’emploi qui tourne au poison. L’humour naît alors du système et de la pression, pas d’une mécanique de gags.
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Le classement souligne surtout la force de la mise en scène et des set pieces comiques. On est sur une comédie qui fabrique du rire avec du tranchant, une manière de rappeler que l’absurde est parfois la forme la plus fidèle du réel quand la compétition devient une obsession.
Y a-t-il un flic pour sauver le monde ?
Y a-t-il un flic pour sauver le monde ? (Paramount Pictures) arrive avec une promesse lourde : un reboot réalisé par Akiva Schaffer qui réussirait à dépasser la trilogie originale dans l’excès comique. C’est un objectif risqué, mais cohérent avec un film annoncé comme du deadpan chaos, cette comédie où tout s’effondre avec un visage parfaitement impassible.
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Le casting met en avant Liam Neeson en Lt. Frank Drebin Jr., présenté comme le fils du personnage original. Et certains éléments cités, comme une scène de schoolgirl uniform, indiquent une volonté de pousser les situations jusqu’au bout, dans un registre frontal qui assume l’héritage du slapstick moderne.
Novocaine
Novocaine (Prime Video) repose sur un gimmick immédiatement “cinéma” : Jack Quaid joue Nathan Caine, un employé de banque atteint d’une insensibilité congénitale à la douleur. La comédie vient de l’écart entre une personne ordinaire et une capacité qui le projette malgré lui dans l’action, au point de devenir un héros.
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On est sur une mécanique d’action-comedy très efficace quand elle est bien tenue : la mise en danger devient une blague, la violence se transforme en gag de situation, et le personnage avance sans les alertes habituelles. C’est une idée simple, et ce sont souvent ces idées-là qui traversent l’année.
Chefs d’Etats
Autre comédie citée dans les tops, Chefs d’Etats (Prime Video) met en avant un duo très “buddy geopolitics” : John Cena et Idris Elba. Le film est associé à une dynamique de banter géopolitique, ce registre où les répliques s’entrechoquent aussi vite que les enjeux.
Dans un paysage où la tech et la politique se croisent en permanence, ce type de comédie sert souvent de déformation contrôlée du sérieux. On sait surtout, ici, que l’alchimie de duo est vendue comme l’argument principal, et que le rire s’alimente d’une tension “internationale” jouée sur le mode du divertissement.
One of Them Days
Parmi les titres fréquemment cités dans les listes de meilleures comédies, One of Them Days (Netflix) s’impose comme la comédie buddy la plus facilement lisible sur son concept. Keke Palmer (Dreux) et SZA (Alyssa) courent après l’argent du loyer, et le film promet de transformer l’angoisse urbaine et le quotidien en carburant comique.
Ce type de récit fonctionne souvent sur un tempo très précis, fait de rebonds et de micro-catastrophes. Ici, on retient surtout l’idée de friendship comme bouée, un fil léger dans une situation qui, autrement, serait juste épuisante.
Blue Moon
Blue Moon (Sony Pictures Classics) est réalisé par Richard Linklater, avec Ethan Hawke dans le rôle de Lorenz Hart. L’information la plus parlante est formelle : il s’agit d’un indé en lieu unique. Quand une comédie s’enferme volontairement, c’est rarement pour faire du bruit, plutôt pour laisser les mots, les silences et les nuances travailler.
Dans un top dominé par des mélanges de genres, ce choix de cadre fait figure de contrepoint. On peut y voir une comédie plus intérieure, plus portée sur l’écriture et le jeu, qui rappelle qu’un grand moment de rire peut aussi naître d’une scène qui n’a besoin de rien d’autre que d’un espace et d’un rythme.
Friendship
Friendship (A24/Prime Video), réalisé par Andrew DeYoung, fait partie des comédies qui reviennent le plus souvent dans les sélections de l’année. Tim Robinson y incarne Craig Waterman, voisin maladroit, face à Paul Rudd en Austin. Le moteur central est annoncé : une comédie du malaise sur le lien masculin et l’obsession.
Ce statut de film “partagé” par plusieurs classements raconte un truc très 2025 : le public et les critiques semblent accepter que la comédie puisse être inconfortable, presque agressive dans son miroir social. Dans un paysage geek où l’on parle souvent d’algorithmes et de bulles, c’est une œuvre qui joue justement sur la gêne d’être trop collé à l’autre.