Mortal Shell 2 a été présenté lors de la conférence Summer Game Fest 2025, avec 12 minutes de gameplay en capture sans montage. Développé par Cold Symmetry et édité par Playstack, le jeu vise une sortie en 2026, dans le dernier tiers de l’année, sur PS5, Xbox Series X|S et PC. Sur le papier, l’ambition est nette : proposer un souls-like plus rapide, plus brutal, et surtout assez différent pour exister à côté d’un mastodonte comme Elden Ring.
La comparaison s’impose parce que les deux titres partagent un ADN action-RPG orienté souls-like, mais aussi parce que Mortal Shell 2 revendique une refonte quasi totale. On ne parle pas d’un simple “plus de la même chose”. Le premier Mortal Shell, sorti en 2020, avait surpris en rassemblant plus d’un million de joueurs, tout en traînant une réputation de proposition solide mais à la qualité globale jugée assez moyenne. Pour une suite, c’est à la fois un poids et une liberté : tout le monde attend un bond en avant, personne n’exige une copie conforme.
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Un combat sans endurance ?
Le point le plus clivant, et probablement le plus fascinant, tient en une phrase : Mortal Shell 2 abandonne la jauge d’endurance. Là où Elden Ring repose sur un système d’endurance standard, Cold Symmetry met en avant un combat basé sur la précision et la prise de risque, avec des enchaînements annoncés comme plus fluides et plus rapides que dans le premier opus.
Dans un souls-like, l’endurance n’est pas un détail d’interface : c’est une règle de respiration. La retirer, c’est déplacer le stress ailleurs, vers la lecture des attaques, le timing, et l’audace. Le jeu promet des affrontements plus brutaux et plus intenses, ce qui pourrait séduire celles et ceux qui aiment l’engagement immédiat, sans cette petite voix qui rappelle qu’il ne faut plus esquiver parce que la barre est vide.
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Un monde ouvert compact
Face au monde ouvert vaste et interconnecté d’Elden Ring, Mortal Shell 2 annonce un monde ouvert compact, conçu pour une progression libre et organique. Le choix des mots n’est pas anodin : compact ne veut pas dire pauvre, mais plutôt resserré, plus dense, potentiellement plus facile à “lire” quand on joue par sessions courtes.
Côté exploration, les environnements annoncés donnent une couleur très marquée : temples à l’abandon, tombeaux gelés, forteresses façonnées dans l’os, forêts interdites. On reste dans le sombre, le rugueux, le monde qui grince. Là où Elden Ring impressionne par l’ampleur et la variété, Mortal Shell 2 semble vouloir frapper par une cohérence macabre et une sensation de labyrinthe, avec des zones annoncées comme labyrinthiques.
Plus de 60 donjons : une promesse d’un rythme soutenu
L’un des chiffres mis en avant est spectaculaire : plus de 60 donjons à conquérir. Dans un monde ouvert compact, ce volume suggère une structure qui mise sur le contenu jouable, la confrontation et l’exploration “en blocs”, plutôt que sur de très longues traversées contemplatives.
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Cette approche peut dessiner un concurrent crédible à Elden Ring sur un terrain précis : la sensation de progression régulière. Un enchaînement de donjons, s’il est bien calibré, peut donner une dynamique presque addictive, où chaque session se conclut par un lieu “terminé”, une victoire ou une leçon apprise à la dure. C’est aussi un signal : Mortal Shell 2 veut être généreux en défis, pas seulement en panoramas.
Les Shells : l’identité qui le différencie vraiment d’Elden Ring
Le cœur de la série reste là : la possession de « Shells », ces corps de guerriers tombés au combat. Mortal Shell 2 promet de nouvelles enveloppes avec des styles de combat spécifiques et des compétences uniques. En face, Elden Ring mise sur un personnage unique que l’on crée et personnalise. Deux philosophies : l’avatar sculpté à la main contre la garde-robe de corps, chacun avec ses réflexes.
Cette mécanique a un avantage immédiat pour le rythme : changer de Shell, c’est changer d’approche sans repartir de zéro. Et sur le plan narratif, le jeu indique que l’on découvrira des fragments d’histoire en possédant ces guerriers. C’est une façon de raconter par touches, avec une sensation d’archéologie personnelle : on n’apprend pas le monde en lisant une leçon, on le devine en portant ce qu’il a brisé.
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Une originalité, et un ton qui assume le grotesque
La trame principale annoncée joue la carte de la clarté : le Messager doit retrouver des œufs subtilisés à la Submatria, gardés par des créatures difformes. C’est simple, presque brutalement efficace, avec ce côté conte noir qui colle à l’univers. Elden Ring a sa mythologie tentaculaire ; Mortal Shell 2 semble s’orienter vers un objectif plus frontal, quitte à laisser le détail du monde se révéler autrement.
Dans le même esprit, certains choix donnent une idée de l’ambiance sonore et de l’identité : des musiques du groupe de black metal Behemoth sont prévues en DLC. Le premier jeu avait déjà exploré ce terrain avec Rotting Christ. Ici, on sent une volonté d’assumer une esthétique plus extrême, plus corrosive, avec le risque calculé de diviser. Ce n’est pas un décor neutre : c’est un univers qui veut marquer.
Reste la question du “vrai concurrent”. Sur le calendrier, Mortal Shell 2 arrive en 2026, soit plusieurs années après la sortie d’Elden Ring en février 2022 et après son extension majeure Shadow of the Erdtree en juin 2024. Ce décalage peut jouer en sa faveur : il ne s’agit pas de détrôner un jeu au sommet de sa vague, mais de proposer une alternative musclée quand le public cherche autre chose, sans quitter le goût du danger.
À ce stade, la promesse la plus crédible n’est pas de “remplacer” Elden Ring, mais de s’imposer comme un souls-like à personnalité, avec un combat repensé et une structure plus dense. Si l’exécution suit l’ambition affichée, Mortal Shell 2 pourrait devenir ce rival qu’on n’attendait pas forcément, et que beaucoup finiront par garder installé, juste à côté des géants.