Sorti le 28 juillet 2025 sur PC (Steam), One-Eyed Likho est le nouveau projet du studio indépendant Morteshka, connu pour ses incursions dans la mythologie russe, déjà saluées avec Black Book.
Cette expérience narrative à la première personne redéfinit les codes du jeu d’horreur, en s’ancrant dans le conte obscur du Likho figure cyclopéenne de la malchance issue du folklore slave du XIXe siècle. Ce titre promet une aventure psychologique brève mais intense, où exploration, terreur, et énigmes se mêlent dans un univers visuel aussi élégant qu’oppressant.
Les infos clés sur One-Eyed Likho
- Date de sortie : 28 juillet 2025
- Plateforme : PC (Steam)
- Développeur : Morteshka
- Genre : Folk horror narratif, aventure à la première personne, énigmes
- Durée de vie : Environ 5h
- Site officiel : www.morteshka.com/one-eyed-likho
- Lien Steam : store.steampowered.com/app/2346840/OneEyed_Likho
Synopsis et univers : au cœur du mythe du Likho
Le jeu nous met dans la peau d’un forgeron nommé Smith, las de son quotidien tranquille et avide de frissons. Suite à une nuit d’excès, il brave la légende locale en partant affronter le Likho, entité cyclopéenne et malfaisante, dans une forêt russe lugubre.
Accompagné du Tailleur, Smith ne tarde pas à descendre dans le terrier : une cabane branlante, puis une série de mondes souterrains peuplés de créatures étranges, de puzzles et d’épreuves tant physiques que mentales. Les environnements temples antiques, falaises et forêts, sanctuaires dévastés reflètent une Russie fantasmée, faite de mystères folkloriques et d’une poésie noire omniprésente.
Le joueur doit progressivement s’extraire d’une malédiction qui le traque, guidé par les allumettes et la lumière dans des ténèbres où le Likho rôde, prêt à frapper.
Gameplay : exploration, énigmes et horreur psychologique
One-Eyed Likho se présente comme un walking simulator teinté de puzzles et de moments d’angoisse. L’essentiel du gameplay consiste à explorer les niveaux en quête de notes, d’indices et d’artefacts, à résoudre des casse-têtes (portes à codes, mécanismes à activer, combinaisons à observer) et à échapper périodiquement au Likho lors de séquences de poursuite ou de cache-cache. Le joueur dispose d’une infinité d’allumettes, outil central pour éclairer les couloirs, brûler des entraves, révéler des indices ou détourner l’attention du monstre.
L’action pure y est limitée : l’immersion l’emporte sur la nervosité, avec une progression marquée par des mécaniques simples, fouiller l’environnement, lire les indices, et parfois éviter l’ennemi. Certaines énigmes consistent à replacer des objets, lire des symboles sur les murs ou collecter des codes, mais elles sont en général plus guidées que stimulantes. Les séquences d’horreur reposent surtout sur la tension initiale et quelques jumpscares bien placés pendant la première heure, puis deviennent plus rares au fil de l’aventure.
La narration, enfin, est distillée à travers des dialogues, récits et notes poétiques souvent cryptiques qui offrent une richesse symbolique mais laissent parfois le joueur dans le doute, surtout si la voix-off russe et la traduction ne permettent pas d’en saisir toute la subtilité.
Direction artistique et ambiance sonore : un style unique
L’un des atouts majeurs du jeu est sa direction artistique : les décors en noir et blanc, entre aquarelle, gravure et monochrome, plongent dans une Russie cauchemardesque, accentuant la sensation de malaise et le côté onirique. Les contrastes de lumières accentuent le sentiment d’être perdu dans l’obscurité, tandis que les apparitions du Likho, figure féminine filiforme à l’œil unique, marquent les esprits par leur aspect grotesque et surnaturel.
L’ambiance sonore, elle, reste relativement discrète : peu de musiques, beaucoup de bruits d’ambiance, mais l’absence de tension persistante et une gestion sonore en retrait limitent parfois l’impact horrifique. L’immersion en souffre lors des séquences de fuite, où la panique laisse place à la frustration, notamment à cause de la lenteur du personnage et de l’absence d’indications claires lors des moments d’action.
Qualités et défauts : un conte étrange, court mais marquant
Points forts : One-Eyed Likho brille par sa originalité visuelle, son adaptation fidèle du mythe slave et la densité de son ambiance. L’immersion dans le folklore est renforcée par la richesse symbolique des récits secondaires, des chasses aux poupées russes et des énigmes liées à la tradition. Les moments de confrontation avec le Likho sont réussis, notamment par le design du monstre et la gestion créative de la lumière.
Le jeu propose alors une expérience très particulière, à mi-chemin entre le conte philosophique et le cauchemar interactif, où la morale importe plus que la résolution de l’histoire.
Limites : le jeu pêche cependant par la simplicité excessive de ses puzzles, la linéarité de l’exploration et la brièveté de l’aventure (environ trois à quatre heures de jeu seulement). Le rythme s’alourdit lors de séquences où l’on doit se cacher ou fuir, à cause d’une vitesse de déplacement trop lente et par moment d’une frustration quant aux objectifs.
Certains regrets concernent aussi le manque d’English voice acting, rendant difficile la pleine compréhension pour un public international; il est parfois ardu de suivre des notes ou dialogues lors des phases de tension.
L’aspect folklore et exploration invite au voyage, mais le manque de renouvellement des mécaniques, la faible difficulté et le côté « simili-walking sim » amènent le joueur à survoler les mondes sans jamais vraiment trembler. Les jumpscares s’essoufflent rapidement et la tension, pourtant prometteuse, ne monte pas autant que dans les références du genre.
Réception et impact
Dès son lancement, One-Eyed Likho a reçu un accueil globalement positif pour son esthétique et son traitement original du conte slave. Les joueurs saluent un titre différent, inattendu, qui ose sortir des sentiers battus du jeu d’horreur psychologique contemporain. Sa narration cryptique et son ambiance, jugées envoûtantes par beaucoup, démarquent une expérience pour amateurs de folk horror et d’univers atypiques.
Les critiques soulignent néanmoins ses faiblesses ludiques, surtout pour les fans de jeu d’horreur à la tension continue ou d’énigmes complexes. Sa durée courte, son aspect parfois trop linéaire, et son absence de prise de risque sur la difficulté en font un titre à recommander avant tout pour la curiosité culturelle et artistique plus que pour le challenge ou l’effroi pur.
One-Eyed Likho : un OVNI folk horror à réserver aux curieux
One-Eyed Likho s’impose comme un conte interactif honnête dans le paysage indie de la folk horror. Il propose une plongée brève, étonnante et visuellement remarquable dans le folklore slave, avec une atmosphère travaillée et des moments d’inquiétude réussis. Si son gameplay et sa tension horreur ne marquent pas les sommets du genre, son univers et son traitement narratif sauront séduire les joueurs en quête d’évasion poétique et d’expériences atypiques.
Pour qui aime les jeux aux mécaniques simples, l’histoire dense et la réflexion plus que l’action, One-Eyed Likho est un titre à découvrir, même s’il laisse une impression de mystère non résolu et de frisson trop rapide, à l’image de la légende qu’il évoque.
