Vingt ans de silence, puis un sabre dégainé deux fois plus vite que prévu. Onimusha revient cette semaine avec Onimusha: Way of the Sword, dont la sortie française est fixée au vendredi 4 septembre 2026. Capcom avait d’abord annoncé le 25 septembre avant d’avancer le lancement de trois semaines. Ce changement tardif raconte déjà quelque chose : l’éditeur ne traite plus sa saga comme une relique à exposer derrière une vitre, mais comme une licence capable de batailler au premier rang.
Le nouvel épisode sera disponible sur PlayStation 5, Xbox Series X|S, PC et Nintendo Switch 2. L’édition standard est affichée à 79,99 € sur les boutiques françaises PlayStation et Xbox, avec des versions Deluxe à 89,99 € et Premium Deluxe à 99,99 €. Une démo gratuite permet déjà de vérifier si l’on possède encore les réflexes nécessaires pour découper du Genma sans transformer Musashi en sushi historique.
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Capcom ne joue pas seulement la carte de la nostalgie
Le retour avait été annoncé pendant les Game Awards 2024, mais la sortie concrète change la portée du projet. Depuis Onimusha: Dawn of Dreams en 2006, la série avait essentiellement survécu grâce aux souvenirs des joueurs, à quelques ressorties et à son statut de curiosité majeure de l’époque PlayStation 2. Way of the Sword est le premier nouvel épisode depuis plus de vingt ans, alors que les ventes cumulées de la licence dépassaient 9,1 millions d’exemplaires au 31 mars 2026.
À nos yeux, le détail le plus intéressant n’est donc pas le retour d’un vieux logo. C’est la manière dont Capcom remet Onimusha sur pied sans l’enfermer dans un musée. Après avoir suivi les résurrections successives de Resident Evil, Devil May Cry et Dragon’s Dogma, on a pu constater que l’éditeur préfère désormais reconstruire une identité jouable plutôt que simplement reproduire les habitudes d’autrefois.
Avancer la sortie du 25 au 4 septembre renforce cette impression de confiance. Une entreprise ne déplace pas un projet de cette taille uniquement pour faire plaisir aux calendriers muraux. Capcom cherche manifestement à donner de l’espace à son revenant, quitte à lui faire ouvrir le bal d’un mois chargé plutôt que d’arriver lorsque toutes les bourses et toutes les rétines sont déjà épuisées.
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Miyamoto Musashi remplace les souvenirs par une nouvelle porte d’entrée
Onimusha: Way of the Sword nous conduit au début de l’ère Edo, dans une Kyoto déformée par des nuages de miasme. Les rues, temples et sanctuaires de la capitale deviennent le terrain de chasse des Genma, ces créatures démoniaques que la série adore envoyer sous la lame du joueur. Le cadre historique n’est pas un simple papier peint japonais : il doit produire ce mélange de précision culturelle et de cauchemar surnaturel qui donnait déjà sa saveur aux premiers jeux.
Cette fois, le héros est Miyamoto Musashi, célèbre sabreur dont le visage s’inspire de l’acteur Toshiro Mifune. Arrivé à Kyoto pour éprouver son talent, il hérite du gantelet Oni et des pouvoirs nécessaires pour affronter les démons. Ce choix évite de demander aux nouveaux venus de réviser quatre épisodes, une série animée et deux décennies de folklore avant de comprendre pourquoi tout le monde absorbe des âmes avec la main gauche.
Les ingrédients annoncés forment une base étonnamment lisible :
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- des affrontements au sabre centrés sur les parades, les contres et le placement ;
- une aventure solo classée PEGI 18, avec une violence franchement assumée ;
- des pouvoirs Oni permettant de renverser les combats les plus dangereux ;
- une exploration de Kyoto mêlant lieux historiques, passages corrompus et créatures infernales ;
- des adversaires capables de répondre à Musashi autrement qu’en patientant poliment devant sa lame.
Le sabre doit retrouver sa personnalité, pas imiter les voisins
La tentation est forte de ranger le jeu près de Sekiro: Shadows Die Twice, de Nioh ou de Ghost of Tsushima. Le Japon féodal, les parades et les monstres suffisent désormais à déclencher ce classement automatique. Pourtant, réduire Onimusha à un retardataire serait oublier que la saga mélangeait déjà histoire, horreur et action surnaturelle lorsque certains de ses descendants spirituels n’étaient encore que des idées griffonnées dans un carnet.
À l’usage de la démo, ce qui frappe surtout est la volonté de rendre chaque impact lisible. Le combat ne semble pas vouloir noyer Musashi sous une avalanche permanente d’effets. Il cherche plutôt la tension du bon geste, puis récompense la riposte par une brutalité sèche. C’est là que le projet peut retrouver sa voix : moins dans la difficulté transformée en argument publicitaire que dans le plaisir presque insolent d’humilier un démon après avoir compris son attaque.
On gardera tout de même un œil sur la variété des situations et sur la place accordée à l’exploration. Un excellent système de parade peut porter plusieurs heures, pas nécessairement toute une campagne. La rédaction préfère donc ce retour ambitieux à un remaster paresseux, mais le nom Onimusha ne devra pas servir de gantelet magique contre les longueurs.
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Un retour qui dépasse largement le cas Onimusha
Ce lancement confirme surtout la nouvelle politique de Capcom : ses anciennes licences ne sont plus condamnées au stockage numérique. Le retour d’Onimusha accompagne d’autres résurrections et montre qu’un catalogue peut redevenir un laboratoire, pas seulement une réserve de remakes.
Le 4 septembre 2026, Musashi aura donc une mission plus compliquée que terrasser les Genma. Il devra prouver qu’une saga absente pendant deux décennies peut reprendre sa place sans singer le passé ni courir derrière les modes. Après tant d’années au fourreau, Onimusha n’a plus besoin d’un hommage poli. Il lui faut un coup de sabre assez net pour laisser une marque.