Sorti fin juin 2026, « Supergirl » de Craig Gillespie, avec Milly Alcock dans la peau de Kara Zor‑El et Jason Momoa en Lobo, devait confirmer l’élan du nouveau DC Universe lancé un an plus tôt. Le film a pourtant démarré à 37,1 millions de dollars sur le week‑end aux États‑Unis et au Canada, se classant n°2 derrière « Toy Story 5 ».
À l’international, le long métrage a engrangé environ 30 millions de dollars, pour un total mondial oscillant entre 67 et 68 millions lors de son premier week‑end. Dans un marché nord‑américain en hausse de près de 20 % par rapport à l’an dernier, le démarrage interpelle. D’autant que les attentes internes tablaient sur un lancement plus musclé.
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Un lancement inférieur aux prévisions et sous pression budgétaire
En interne, Warner Bros. et DC Studios espéraient une ouverture domestique autour de 50 millions de dollars. Les analystes évoquaient eux aussi ce seuil comme une base raisonnable pour un blockbuster de cette ampleur. Avec 37 à 38 millions effectivement récoltés, l’écart approche les 24 % sous les projections.
Ce décalage pèse d’autant plus que le budget de production est estimé entre 170 et 180 millions de dollars, hors marketing. Selon certaines estimations du secteur, le film devrait atteindre environ 315 millions de dollars de recettes mondiales pour couvrir ses coûts globaux. Après un premier week‑end à 68 millions, la marche paraît déjà haute. L’atterrissage est moins brutal que certains crashs historiques, mais le profil financier reste fragile.
Face aux flops Marvel et DC, un score étonnamment bas
Ce qui frappe, c’est la comparaison avec des films souvent cités comme exemples récents de bombes au box‑office. « The Flash » avait ouvert à environ 55 millions de dollars sur le territoire nord‑américain. « The Marvels » pointait à 46 millions, et même « Morbius », devenu un mème planétaire, avait démarré à 39 millions.
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Avec ses 37,1 millions, « Supergirl » fait donc moins bien que ces trois titres régulièrement associés à des échecs commerciaux. C’est un signal fort pour un film censé consolider un univers relancé à grand renfort de communication. À l’inverse, son ouverture reste supérieure à celles de « Joker: Folie à Deux », « Birds of Prey » ou encore « Dark Phoenix », également cités parmi les performances décevantes de l’ère super‑héroïque.
En clair, on peut résumer ainsi la situation :
- 37,1 M$ pour « Supergirl »
- 55 M$ pour « The Flash »
- 46 M$ pour « The Marvels »
- 39 M$ pour « Morbius »
Dans un genre habitué aux ouvertures tonitruantes, passer sous la barre symbolique des 40 millions n’est jamais anodin pour un film porté par une licence aussi iconique.
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L’ombre écrasante de « Superman » (2025)
La comparaison la plus délicate reste interne. « Supergirl » est le deuxième film du DCU initié par James Gunn, après « Superman » sorti en 2025. Ce dernier avait débuté à environ 125 millions de dollars en Amérique du Nord et près de 220 millions dans le monde sur son premier week‑end.
Autrement dit, « Supergirl » réalise moins de la moitié de l’ouverture domestique de « Superman » et moins d’un tiers de son lancement mondial. Le contraste est saisissant. Là où « Superman » a terminé sa carrière autour de 620 millions de dollars mondiaux, « Supergirl » entame son parcours avec une dynamique nettement plus modeste.
L’effet curiosité du reboot a visiblement joué en faveur de l’Homme d’Acier. Pour Kara Zor‑El, pourtant personnage central de la mythologie kryptonienne, l’engouement est plus mesuré. Le positionnement marketing, la concurrence de « Toy Story 5 » et la fatigue relative du public pour certains récits d’origin story peuvent entrer dans l’équation, même si aucune donnée ne permet d’isoler un facteur unique.
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Réception critique et signaux du public
Au‑delà des chiffres bruts, les indicateurs de réception donnent un éclairage supplémentaire. Sur Rotten Tomatoes, le film affiche 56 % d’avis positifs au moment de sa sortie. Le consensus met en avant l’énergie de Milly Alcock, tout en soulignant une intrigue jugée plus familière.
Côté public, la note CinemaScore B‑ traduit une satisfaction correcte mais loin de l’enthousiasme. Dans l’univers des super‑héros, où les A et A‑ sont souvent la norme pour les lancements puissants, ce B‑ peut freiner le bouche‑à‑oreille. Plusieurs observateurs évoquent ainsi une réception mitigée, ce qui pourrait compliquer la trajectoire dans les semaines suivantes.
Du côté des studios, le co‑CEO de DC Studios, Peter Safran, a reconnu une forme de déception face au démarrage. Rien d’alarmiste publiquement, mais le message est limpide : les ambitions étaient plus élevées.
Le paradoxe est frappant. Le marché global progresse, la concurrence existe mais ne sature pas totalement l’offre super‑héroïque, et le DCU sort d’un succès solide avec « Superman ». Pourtant, « Supergirl » s’inscrit désormais dans la conversation autour des performances décevantes du genre, en affichant une ouverture inférieure à plusieurs films déjà considérés comme des flops.
Reste à voir si la trajectoire sur la durée permettra de redresser la barre. Dans l’économie actuelle des blockbusters, tout se joue souvent au-delà du premier week‑end. Pour le DCU, l’enjeu dépasse un simple score chiffré : il s’agit de maintenir la confiance du public dans une vision globale. Kara Zor‑El n’a peut‑être pas dit son dernier mot, mais son envol démarre dans un ciel plus nuageux que prévu.