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Un jour avec mon père : l’ombre glaçante de la dictature à Lagos

5 min de lecture
un jour avec mon père

© Le Pacte / The Match Factory

Un jour avec mon père, titré à l’international My Father’s Shadow, sort en France le 25 mars 2026 et pose d’emblée un décor précis : Lagos, sur une seule journée, au cœur de la crise électorale de 1993. Le film, d’une durée de 1h 33, est le premier long métrage d’Akinola Davies Jr., réalisateur britannique d’origine nigériane, qui s’appuie sur un récit semi-autobiographique.

Le principe est simple sur le papier, et c’est justement ce qui le rend redoutable : un père tente de guider ses deux jeunes fils à travers la mégalopole, tandis que des troubles politiques montent et menacent. On n’est pas dans la fresque historique qui déroule des dates et des slogans, mais dans un film qui préfère la proximité, les couloirs du quotidien, les silences, et cette sensation d’être rattrapé par quelque chose de plus grand que soi.

Un récit intime sous tension à Lagos

Le film se déroule pendant la crise électorale de 1993 au Nigeria, et choisit un point de vue minimaliste : une seule journée à Lagos. Ce cadre temporel serré crée une pression constante, comme si la ville entière retenait sa respiration. On suit un père qui essaye d’orienter ses deux fils au milieu d’une mégalopole où l’ordinaire et l’instable se frôlent.

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Cette prémisse donne au film une force particulière : la politique reste présente, mais elle arrive par la bande, à travers des mouvements, des signaux, un climat. Le récit aborde une histoire nationale en restant au plus près d’une cellule familiale, et c’est là que l’ombre de la dictature se fait sentir, non comme un slogan, mais comme une atmosphère qui rétrécit l’espace autour des personnages. L’impression est glaçante, précisément parce qu’elle s’insinue dans le quotidien.

Une mise en scène volontairement étrange et fragmentée

Dès les premières images, le film installe une atmosphère d’étrangeté. L’approche visuelle est marquée par des sautes d’images, des cadres décentrés et une succession de plans fixes qui ne cherchent pas forcément une logique apparente. On est loin d’un découpage explicatif qui guiderait le regard comme un tutoriel. Le film impose son rythme, parfois à rebours de l’habitude.

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Cette esthétique évoque des références aux films super 8, comme si la mémoire elle-même était l’outil de prise de vue. Le résultat ressemble à un film d’atmosphère qui mise sur la sensation plus que sur l’alignement parfait des événements. Il en ressort une beauté formelle souvent relevée, avec une beauté plastique et sonore qui enveloppe le spectateur, et une impression troublante d’assister à des fragments d’enfance recollés sous tension.

Un long métrage, entre histoire nigériane et geste artistique

Akinola Davies Jr. signe ici un premier long métrage et assume un choix de cinéma qui ne cherche pas l’universalité par l’effacement, mais par la précision. Le film est annoncé comme semi-autobiographique et présenté comme s’appuyant sur sa propre histoire. Cette dimension personnelle donne une densité particulière au parcours du père et des enfants, et au fait de traverser une ville qui n’est pas un décor, mais une matière vivante.

Le contexte n’est pas anodin : raconter Lagos en 1993, dans un moment de troubles politiques, c’est parler d’un pays à travers un angle resserré, sans transformer la famille en symbole théorique. Et sur le plan institutionnel, le film a aussi été remarqué via une sélection officielle à Cannes, un élément souvent cité comme un événement notable. Même sans surenchère, cela situe l’ambition : on n’est pas sur un essai discret, mais sur une œuvre qui entend marquer une entrée en cinéma.

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Un jour avec mon père, un film impactant

Un jour avec mon père ne se consomme pas comme une intrigue à rebondissements. Il laisse plutôt une trace, une sensation persistante, faite de nostalgie et de menace diffuse. Le choix de rester sur une journée, avec une tension qui se rapproche, donne au film un impact particulier : la mémoire devient un territoire, et la ville un organisme qui peut engloutir, isoler, ou au contraire révéler des gestes de protection.

Reste une inconnue très terre-à-terre, mais décisive pour sa trajectoire : la date de sortie en streaming n’a pas encore été annoncée. En l’état, le film se vit donc surtout en salles, dans un format qui fait ressortir sa matière sonore et ses ruptures de rythme. S’il devait s’installer durablement, ce serait sans doute par cette combinaison rare : un récit personnel, un contexte historique lourd, et une mise en scène qui préfère l’empreinte au commentaire.

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Photo de Paul Ansay
Rédacteur / Tech Guru
Paul est développeur web et passionné de culture geek. Il assure la maintenance et le développement de WorldOfGeek.fr, tout en rédigeant des articles sur les jeux vidéo, la tech, les séries et la pop culture pour apporter sa touche personnelle au média.
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